Autant le dire… : Ibrahim Traoré-Kyèlem de Tambèla, le duo pour la « révolution » ?

Même si comparaison n’est pas raison, on peut tout de même croire que le tandem Ibrahim Traoré-Kyèlem de Tambèla ressemble à celui qui est à la tête du Mali depuis le deuxième coup d’Etat. Ibrahim Traoré, le président de la transition joue la carpe (muette ou peu bavard) tandis que le Premier ministre, Appolinaire Joachim Kyèlem de Tambèla fait le perroquet (bavard, direct et franc). Exactement comme Assimi Goïta et Choguel Kokalla Maïga le faisaient à merveille (et actuellement Abdoulaye Maïga, le Premier ministre par intérim).

Si, à en croire le Premier ministre, le président Ibrahim Traoré va s’occuper du volet sécuritaire et lui du volet civil, il n’en demeure pas moins que les deux hommes à la tête de l’Etat seront d’une complicité parfaite. Même dans les volets réservés à l’un comme à l’autre. Là où le président aura des réserves, le Premier ministre n’en aura pas. Autrement, l’un dira toujours très haut ce que l’autre dit bas, ou ne dit même pas. A leurs côtés, ils auront sans aucun doute des hommes et des femmes prêts à emboucher la même trompette et à aller au charbon avec eux. Car, la situation sociopolitique et sécuritaire du Burkinabè exige des personnalités fortes de caractère, engagées pour aller sur tous les fronts. Les changements que nous voulons exigeront de tous des sacrifices qu’il faut nécessairement accepter de consentir. Mais, tout commence par les premiers responsables qui devront donner le bon et le vrai exemple.

Il est nul doute que les Burkinabè sont dans une dynamique de soutien, d’engagement et de soutien à leurs autorités. Ils l’ont démontré à l’occasion de la prise du pouvoir les 30 septembre, 1er et 2 octobre dernier. Ils continuent de le manifester de plusieurs manières en attendant que le chef de guerre militaire, le Capitaine Ibrahim Traoré et Maître Appolinaire Joachim Kyèlem de Tambèla, le chef de guerre civil, leur montrent le chemin à emprunter. Sans toutefois verser ni dans un quelconque populisme, ni dans un certain exhibitionnisme que les Burkinabè n’aiment pas trop.

Les Burkinabè veulent qu’on leur dise la vérité ; qu’on leur explique clairement ce qui se passe dans leur pays afin qu’ils prennent en toute âme et conscience leur destin en mains. On ne peut pas continuer, après plusieurs années de gouvernance politicienne, à mentir au peuple, tout en lui faisant croire que tout ira si et si. Autrement, si le tandem président de la transition-Premier ministre, veut avoir l’adhésion populaire et véritable des Burkinabè qu’il s’inscrive dans cette dynamique. Dans le volet militaire, le président doit arriver à ramener l’ensemble des forces de défense et de sécurité à leur première mission qui est de combattre tout ennemi qui menace la paix et la sécurité. Dans le volet civil, il reviendra à Kyèlem de Tambèla et à son gouvernement de galvaniser les Burkinabè autour des actions importantes à mener et qui consisteront sans aucun doute à refonder l’administration pour la remettre au service des Burkinabè. Que du boulot à faire !

Dabaoué Audrianne KANI

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