A.B et sa mère S. T comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso, le vendredi 17 octobre 2025. Le Procureur les a poursuivies pour des faits de pratique d’excision sur leur fille à Toussiana.
A.B, née en 1977 à Toussiana. Célibataire mère d’un enfant. Dit n’avoir jamais été condamnée, jamais décorée ni recrutée. Quant à sa mère S. T, elle est née en 1953 à Toussiana, soit 72 ans. Ménagère de profession, elle est mère de huit enfants.
Des faits relatés devant les juges, il ressort que A. B et sa mère sont prévenues d’avoir, le 08 septembre 2025 à Toussiana, porté atteinte à l’organe génital de la fillette de A. B et petite fille de S. T. Interrogées sur les faits, elles ne les ont pas niés et se défendent devant le tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso. « J’ai commencé cette pratique, il y a deux ans. C’est depuis que le président du Faso, nous a dit de retourner à la source qu’on a commencé à exciser. Je ne savais pas que c’était condamnable par la loi. Ma petite fille est venue à la maison et je l’ai excisée. C’est sa mère qui m’a aidée à attraper ses pieds. On l’a fait avec un couteau », déclare S. T, la grande mère de 72 ans, devant les juges. Elle précise que « lorsque j’ai fini de l’exciser, ma fille A. B m’a remis un billet de 2 000 F CFA et des coris. Je ne le fais pas pour l’argent, mais pour honorer une tradition ».
A.B, la mère de la fillette, reconnait avoir joué un rôle dans cette affaire. « C’est moi j’ai attrapé les pieds de ma fille pour qu’on l’excise. Au commissariat, j’ai répété qu’on a dit à tout le monde de revenir à la source, voilà pourquoi on a refait l’excision. Aujourd’hui, ma fille s’est rétablie et n’a aucun problème », dit-elle. Après les débats contradictoires à l’audience, le Parquet a trouvé que les faits ne souffrent d’aucun débat. Il y a bel et bien l’infraction d’excision dans le cas d’espèce, selon le Procureur. Il a requis contre les deux prévenues, 12 mois de prison et une amende de 500.000F CFA, le tout assorti de sursis. Le tribunal a suivi le Ministère public dans ses réquisitions. Les deux dames écopent de 12 mois de prison et une amende de 500.000 F CFA, le tout avec sursis.
Annaïsse PAKOTOGO
