
La mendicité, ce n’est pas dans nos habitudes. Le Burkinabè est trop digne, trop intègre, trop travailleur et trop fier, voire trop imbue de sa personnalité pour être un mendiant. Malheureusement, on a fait croire à travers certaines croyances qu’il faut nécessairement mendier. Du coup, on trouve beaucoup de mendiants dans nos villes notamment et de plus en plus en campagne où la mendicité n’existait, car en campagne au Burkina Faso tout le monde travaille.
En ville donc, il y a les mendiants qui se réclament comme tels parce qu’ils ont un handicap. En quoi un handicap peut-il ou doit-il amener quelqu’un à mendier ? N’y a-t-il pas des handicapés qui travaillent et qui assurent leurs propres besoins et ceux d’autres personnes ? Un handicap n’est pas une raison suffisante pour faire de la manche.
Il y en a qui sont mendiants parce qu’il y a, soi-disant des croyances qui les obligent à mendier. C’est le cas de ces femmes accompagnées de jumeaux ou de jumelles, dans les carrefours ou dans les rues qu’on voit. Là aussi, rien, absolument rien ne les oblige à mendier. Ce sont d’ailleurs des croyances dont personne, même pas ceux qui mendient, ne connaissent l’origine véritable.
Il y a ces autres mendiants que sont ces enfants qui, la boite dans la main, fourmillent dans les secteurs, dans les rues et les lieux publics notamment les stations de services, devant les grandes surfaces qui, à la limite, agressent les usagers. Quand on leur demande pourquoi ils mendient, ils répondent qu’ils doivent rapporter de l’argent le soir à leur maître. Qui est ce maitre et au nom de quoi et de qui envoie-t-il ces enfants dans les rues pour mendier ?
Si nous avons opté pour le changement à travers la Révolution progressiste populaire, il faut qu’on accepte de changer effectivement. Aucune religion, aucune croyance, aucune loi, rien, absolument rien n’oblige un parent, un encadreur ou un quelconque maitre à envoyer un enfant mendier dans la rue. Si ce n’est de l’exploitation pure et simple, ça y ressemble. C’est pourquoi, en attendant, il faut ratisser et envoyer tous ces mendiants dans les champs de production où on a besoin de main-d’œuvre. La sensibilisation a trop duré.
Quant aux parents, maitres, encadreurs et autres acteurs de ce phénomène, ils doivent répondre de leurs actes devant la loi. Car il s’agit, ni plus ni moins, d’une fuite de responsabilités. Quelle est la fierté d’un père ou d’une mère qui envoie sa progéniture mendier dans la rue ? Quelle est la fierté d’un maitre ou d’un encadreur à qui on envoie un enfant pour l’éduquer et qui l’envoie dans la rue pour mendier ?
L’autorité doit prendre ses responsabilités pour mettre fin à un phénomène qui n’a aucun fondement, ni culturel ni sociologique. Les associations de défense des droits des enfants et des personnes vulnérables doivent également jouer pleinement leur rôle. On ne peut pas continuer de concevoir que des enfants ou des personnes vulnérables, pour des raisons qui ne sont pas valables, soient exploités au nom de quelques croyances qu’elles soient.
Dabaoué Audrianne KANI