Autant le dire… Initiative présidentielle pour l’autosuffisance alimentaire, « wayiyan » !

Plus de 78 milliards de F CFA, c’est le montant que le gouvernement a consenti pour acquérir du matériel agricole et aider les agriculteurs à booster la production au cours de la campagne 2024-2025. L’objectif étant l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire dès la campagne agricole prochaine. C’est un gros effort qui est ainsi fait au regard du contexte assez difficile pour le pays où « tout est urgent ». Aussi, le Capitaine Ibrahim Traoré, président de la transition a-t-il invité les jeunes à se mobiliser pour prendre d’assaut les champs. Ainsi, les « Wayiyan » doivent-ils se mobiliser comme ils ont l’habitude de le faire autour des ronds-points et dans les places publiques, pour démontrer une fois de plus leur soutien indéfectible au président de la transition et à son Initiative présidentielle pour l’autosuffisance alimentaire.
En effet, il ne sert à rien de crier sur les plateformes des réseaux sociaux et dans les ronds-points pour prétendre soutenir la transition et son président, si on n’est pas capable de s’engager pour réaliser ses projets. Soutenir Ibrahim Traoré, ce n’est pas non plus de brandir le drapeau russe et ceux des pays de l’Alliance des Etats du Sahel, mais de s’engager à refonder le Burkina Faso par des actions fortes dans le domaine dans lequel on est compétent. En tout cas, ce don de matériels agricoles est une belle occasion offerte à ces nombreux jeunes « patriotes », à travers leurs coalitions, de démontrer une fois de plus, qu’ils aiment véritablement leur pays, le Burkina Faso.
Seulement, il faut que le matériel acquis parvienne effectivement, non pas seulement à ceux qui en ont besoin, mais à ceux qui sont engagés à pratiquer l’agriculture. Car l’expérience montre de par le passé que du matériel acquis par l’Etat pour les agriculteurs est allé dans des mains de personnes qui n’ont rien à voir avec l’agriculture. Résultat : l’objectif pour lequel il a été acquis n’a jamais été atteint. Pire, le matériel n’a jamais été remboursé. Du coup, l’opération n’a pu se poursuivre, au détriment des vrais agriculteurs.
C’est pourquoi, on est d’accord avec le ministre Commandant Ismaël Sombié de l’Agriculture et des Ressources animales et halieutiques quand il dit que le matériel acquis sera effectivement destiné à ceux qui en ont droit. Mieux, on a envie de dire qu’il faut le convoyer dans les zones identifiées comme zone de production agricole où il y a déjà des producteurs. Car le problème de l’agriculture burkinabè, ce sont ceux qui ne sont pas du domaine mais qui s’en réclament abusivement et qui, par leurs comportements mercantiles, constituent des freins à l’épanouissement des vrais producteurs.
Aussi, pour réduire ce phénomène à défaut d’y mettre fin, il faut écarter de la chaine d’approvisionnement des producteurs en matériels, en intrants et en semences, tous ceux qui ne sont pas du domaine. En outre, il faut prendre le soin de vérifier que les intrants et les semences qui sont mis à la disposition des producteurs sont de bonne qualité. Sinon, tous les efforts consentis seront vains.
Dabaoué Audrianne KANI

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