
Cinq Directeurs généraux en cinq ans. Autant de visions en cinq ans. Où va réellement la Société burkinabè des fibres textiles et avec elle la filière coton dont elle est leader ?
« La filière coton est à la croisée des chemins. Elle peut demeurer prisonnière de ses fragilités ou devenir l’un des moteurs les plus puissants de la transformation structurelle de notre économie ». Propos de Braïma Barro, nouveau Directeur Général de la Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX) à sa prise de fonction ce mardi 27 janvier 2026 à Bobo-Dioulasso. Natif de N’Dorola, l’un des bastions de la production cotonnière dans notre pays et économiste, il sait de quoi il parle. Aussi, a-t-il tout de suite ajouté : « mon engagement est clair : travailler sans relâche pour que la SOFITEX soit une entreprise de référence au service des producteurs, des industries, de l’Etat et du bien-être de l’ensemble des populations ».
Le coton, dit-on « enrichit des communautés et non des individus ». Autrement, quand le coton marche, on le sent parce que tout le monde en bénéficie. Pour mieux savoir et comprendre l’impact positif de la production du coton sur les communautés, il faut se rendre dans les zones de production en milieu rural. Des écoles ont été construites grâce à l’argent du coton ; des centres d’alphabétisation ont été réalisés grâce à l’argent du coton. Des producteurs ont cotisé l’argent du coton et ont accompagné l’Etat dans la réalisation de centres de santé. De nombreux élèves ont été scolarisés et sont devenus aujourd’hui des cadres ou des dirigeants de ce pays, grâce à l’argent du coton. La production du coton a permis à des burkinabè dans le milieu rural de bâtir des habitats décents.
C’est pourquoi, il faut s’accorder avec le nouveau Directeur Général quand il « s’engage à travailler pour que la SOFITEX soit une entreprise de référence au service des producteurs » car c’est un puissant moyen de lutte contre la pauvreté et de mieux-être en milieu rural.
En tant que telle, la production du coton est un important moyen de stabilité sociale. En ce sens que le coton contribue à la paix et à la cohésion dans les zones où il est produit. Pourvoyeur de revenu financier, il est aussi un moyen de production vivrière. Autant les grands producteurs de coton sont de grands producteurs de céréales, autant les grandes zones de production cotonnière contribuent à l’approvisionnement d’autres zones en produits vivriers.
En outre, les grands producteurs de coton, devenus grands producteurs de céréales sont aussi devenus de grands éleveurs. Comme quoi, la production du coton mène à toutes les spéculations agricoles. D’où la nécessité de s’investir pour la relance de la production par l’augmentation de la production et surtout la réduction du coût de production.
L’économie du Burkina Faso, disons-le, repose en grande partie sur la production du coton. L’industrialisation dont il est aujourd’hui question ne peut se réaliser sans une forte production cotonnière qui entraine les autres productions agricoles. Ce sera une utopie de croire et de faire le contraire. Sans doute qu’avec le nouveau Directeur Général, l’espoir longtemps suscité sera une réalité.
Dabaoué Audrianne KANI