Autant le dire… : L’impérialisme n’est pas seulement français et occidental

Il faut que les Burkinabè le comprennent. L’impérialisme est une politique ou doctrine d’expansion par laquelle un État ou une entité étend sa domination politique, économique, militaire ou culturelle sur d’autres territoires ou peuples. Il vise généralement la construction d’un empire ou l’exploitation de ressources, souvent motivée par des intérêts industriels et financiers. L’impérialisme se caractérise par la domination et le contrôle en soumettant d’autres Etats directement (colonies) ou indirectement. Il se caractérise aussi par une politique expansionniste visant à agrandir la sphère d’influence d’une puissance quelconque.  Pour ce faire, l’impérialisme peut se manifester sous plusieurs formes qui peuvent être militaire (conquête), économique (monopoles, investissements) ou culturelle par l’imposition de valeurs.

En décidant d’opter pour la refondation par le changement de nos modes de gouvernance et le retour à nos valeurs propres, la Révolution progressiste populaire (RPP), vision des autorités au pouvoir actuellement, est de faire en sorte que le Burkinabè soit le Burkinabè intègre, honnête, travailleur, aimant son pays et qui se bat au quotidien pour son développement. Elle vise aussi, entre autres, à débarrasser le peuple de tout ce qui peut entraver son épanouissement véritable en tant que Burkinabè. De ce point de vue, les obstacles à notre Burkindlim ne sont pas seulement français et occidentaux, mais aussi arabes.

Si l’’impérialisme se manifeste sur le plan culturel par l’imposition de valeurs culturelles, il est autant américain, russe, chinois, britannique, allemand qu’il est français, qatarien, koweïtien, turque. Pour ne citer que ces cas. S’il est encore économique à travers les monopoles et les investissements, il n’est pas moins arabe qu’occidental. Autrement dit, dès lors que nous recevons des investissements ou avons des relations économiques avec des pays qui nous dominent, nous subissons d’une manière ou d’une autre l’impérialisme.

Au début, c’était des missionnaires venus nous coloniser sur le plan religieux. Ils n’étaient pas seulement occidentaux, mais ils étaient aussi arabes. Ainsi, ont-ils réussi à nous faire croire que nos pratiques traditionnelles africaines ne sont pas des religions, par conséquent ne mènent pas à Dieu et au paradis. Nous avons cru et avons abonné nos religions africaines. Ainsi, ont-ils réussi à nous coloniser en nous transmettant des valeurs qui, en vérité, ne sont pas nôtres. Dès lors que nous avons adopté leurs valeurs culturelles, la colonisation économique (exploitation et expropriation de nos ressources) à travers les faux lourds investissements a été facilitée. Cette forme d’impérialisme ne se manifeste pas moins aujourd’hui qu’elle l’était avant et juste après les indépendances factices.

Les Burkinabè doivent se regarder dans la glace et se poser la question suivante : sommes-nous vraiment des Burkinabè purs ? Même si être Burkinabè pur ne vise pas l’ostracisme, il faut tout de même s’interroger sur les valeurs qui nous gouvernent en ce moment. Dès lors qu’un Burkinabè traite un autre Burkinabè de mécréant parce qu’ils ne pratiquent pas la même religion, il y a problème. Dès qu’un Burkinabè est intolérant envers un autre Burkinabè parce qu’ils ne vont pas tous à l’église ou à la mosquée, il y a problème. Ce ne sont pas des valeurs qui caractérisent le Burkinabè.

Dabaoué Audrianne KANI