Autant le dire..: suspension de STAF, mettez de l’ordre un peu partout

A partir de ce jour 16 févier, et ce jusqu’à ce qu’elle se conforme aux conditions à elle imposées, la compagnie de transport en commun, la Société de transport Aéroma et frères (STAF) est suspendue du convoyage de passagers. La Société a pris acte et a informé sa clientèle. Mesure salutaire pour de nombreux Burkinabè en ce sens que la société respectait très peu les mesures en matière de sécurité routière. Mais une mesure somme toute préjudiciable à une catégorie de Burkinabè qui en avait fait son principal moyen de transport, tant STAF fait partie de ses compagnies de transport qui vont presque partout au Burkina Faso. Qu’à cela ne tienne, la décision gouvernementale est déjà prise, il faut faire avec. Cependant, STAF n’est pas la seule compagnie à commettre des accidents de la circulation même si son sort n’est pas à me plaindre. Ce qui doit nous amener à nous pencher sérieusement sur les causes véritables des accidents de la circulation. Tant dans le trafic interurbain qu’à l’intérieur de nos villes. Les causes principales des accidents de la circulation sont d’ordre humain. Autrement, ce sont nos comportements dans la circulation qui sont à l’origine des accidents. Non respect des règles élémentaires du code de la route, essentiellement. A cette préoccupation, on pourrait se poser la question de savoir ce que fait l’État pour protéger les Burkinabè contre les accidents de la circulation. Parce qu’il est effectivement de son rôle de nous protéger, même contre notre volonté.

D’abord l’état des routes tant entre les villes qu’à l’intérieur. Le réseau routier burkinabè, c’est peu de le dire, est vieillissant. En outre, il manque d’entretien. Plus de soixante ans après les indépendances, les gouvernements successifs n’ont pas été en mesure de construire une autoroute entre les deux principales villes, la capitale politique et la capitale économique. La route entre Ouagadougou et Bobo-Dioulasso est étroite au regard du trafic routier qui s’y déroule. En outre, cette principale route manque de signalisation, tant verticale qu’horizontale. Si bien que chacun circule, non pas seulement comme il peut, mais comme il veut. Il en est de même entre plusieurs grandes villes. On pourrait prendre les cas criards des routes entre Bobo-Dioulasso et Banfora et Bobo-Dioulasso-Orodara.

Ensuite, le parc automobile. Non seulement il est lui aussi vieillissant, mais il n’est pas techniquement suivi. C’est au Burkina Faso qu’on peut rencontrer dans la circulation des véhicules qui auraient dû être au musée. On se demande même comment ils arrivent à se procurer les documents liés à la visite technique. Mais ils passent tous les postes de contrôle policiers. Pire, parfois surchargés. Et il n’y a rien. Quand survient un accident, on est étonné. Quid de nos villes. Ce qu’on vit sur les axes interurbains est quasiment ce qui se passe dans les villes. Les Burkinabè ne respectent pas le code de la route dans nos villes. Ce, malgré les quelques feux tricolores et les panneaux verticaux de signalisation. La signalisation horizontale est pratiquement inexistante dans toutes nos villes. Chacun passe là où il veut quand il veut et peut. Ce n’est donc pas étonnant qu’il y ait autant de désordre dans nos villes. Aussi, les mêmes causes qui expliquent les accidents de la circulation sur les routes interurbaines, ne sont-elles pas les mêmes qui justifient les accidents dans nos villes. Sans doute que oui, car là aussi, en plus de l’état des routes, on ne respecte pas le code de la route en plus de la qualité des moyens de transport. C’est le cas par exemple des bennes et des tricycles qui constituent la principale cause des accidents dans les villes, comme Bobo-Dioulasso. Mais apparemment, les pouvoirs publics sont impuissants. Les tricycles sont interdits de transporter des passagers. Mais, ils le font. Au vu et au su de tous. Ils sont interdits de circuler au-delà d’une certaine heure. Mais ils le font au vu et au su de tous. Quand survient un accident, on est surpris. Les bennes ne font pas moins. A qui la faute ? Après STAF, il faut réellement mettre de l’ordre dans la circulation de façon générale au Burkina Faso.

Dabaoué Audrianne KANI