
La Journée des traditions et des coutumes, célébrée chaque 15 mai au Burkina Faso, a encore été une occasion pour les Burkinabè, adeptes de la religion traditionnelle et des pratiques coutumières, de faire des sacrifices pour le retour définitif de la paix au Faso mais aussi pour la cohésion sociale et la paix. La veille, ce sont les Chrétiens qui ont, au cours de la célébration de l’Ascension, prié eux aussi pour la fin du terrorisme et le retour définitif de la paix sur toute l’étendue du territoire national. Dans quelques jours, les Musulmans feront le sacrifice du mouton pendant la fête de la Tabaski pour les mêmes raisons. A dire que cela se passe ainsi depuis plusieurs années. Seule la fête des traditions et des coutumes est à sa troisième édition. Aussi, la question que beaucoup d’observateurs du climat social dans notre pays se posent est de savoir pourquoi malgré toutes ces prières et sacrifices dont l’objectif est apparemment le même, le terrorisme continue de sévir dans certaines zones de notre pays.
Obligeant les forces combattantes à se déployer régulièrement dans ces zones au péril de leur vie même si intégrer l’armée c’est de faire la guerre. Qu’est-ce qui ne marche pas pour que plus d’une décennie après, nous soyons toujours en train de lutter contre les groupes armés terroristes. Est-ce parce que nous ne nous disons pas la vérité ou est-ce parce que nous sommes complices de la situation ?
Il est évident que comme tout phénomène, le terrorisme nourrit certaines personnes, très minoritaires. Et qui ne seront pas prêtes qu’il prenne fin. Ces personnes, faut-il le dire, se trouvent dans presque tous les secteurs d’activités. Autant elles sont sur le terrain pour mener le combat physique, autant elles sont dans les sphères économiques et politiques où elles réfléchissent, peaufinent et mènent des actions. C’est pourquoi nous ne devons pas nous contenter des prières et des sacrifices. Tout cela doit être accompagné d’actes forts et concrets. On ne proclamera pas la fin du terrorisme tant qu’on ne se mobilisera pas véritablement dans la lutte pour l’éradiquer complètement.
Il est de notoriété que de nombreuses zones ont été libérées, permettant ainsi à de nombreux Burkinabè de mener tranquillement leurs activités. Mais de là à croire que ces fous de la mort sont complètement vaincus, ce serait une grosse erreur. Aussi devrions-nous, en même tant que les prières et les sacrifices, faire la veille et rester vigilants. Dans tous les cas, peut-il en être autrement quand on sait qu’avec les choix politiques de la Révolution Progressiste Populaire (RPP), le combat pour notre souveraineté, notre indépendance et notre dignité reste permanent ?
Dabaoué Audrianne KANI