
La première session extraordinaire de 2026 de la délégation spéciale de l’arrondissement 5 de Bobo-Dioulasso s’est tenue, le mercredi 13 mai dernier. Au menu des travaux, la question du foncier.
La délégation spéciale de l’arrondissement 5 de Bobo-Dioulasso va aménager des terres d’environ 700 hectares à Kouakoualé et à Kunima pour l’apurement du passif foncier du site de l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest- Unité universitaire à Bobo (UCAO-UUB) en partenariat avec l’entreprise NIPAB S.A. En outre, elle a donné avis favorable à la Société nationale d’aménagement des terrains urbains (SONATUR) pour l’aménagement d’environ 1100 hectares à Kouakoualé. Cet aménagement intervient dans le cadre de la mise en œuvre par la société de la phase pilote du programme de restructuration des zones d’habitats spontanés et d’apurement du passif foncier urbain. C’est ce qui ressort des concertations issues de la première session extraordinaire de l’année 2026. Selon Yoma Etienne Bako, PDS dudit arrondissement, cette rencontre avec les délégués a permis d’avancer réellement sur ces dossiers majeurs. Sur le premier point relatif à l’aménagement de terres pour l’apurement du passif foncier sur le site de l’UCAO-UUB, le PDS explique que cette institution est située au secteur 27, dispose d’un titre foncier depuis 2007. Il se trouve que le site qui fait environ 122,7 ha, est occupé par les habitats spontanés. Sur le même site, des structures avaient même érigé des écoles et des lieux de culte. « La situation a attiré l’attention de l’État. Il y a eu plusieurs tentatives de résolution, mais jusqu’à présent, on n’avait pas encore effectivement trouvé une solution. Avec bien sûr la clairvoyance des autorités actuelles, les instructions fermes ont été données afin que nous puissions avancer sur ce dossier en trouvant une solution définitive à ce problème qui joue négativement sur la formation des étudiants », explique-t-il. En clair, il s’agit pour la délégation spéciale de trouver les moyens pour libérer intégralement ce site de ses occupants au profit de l’UCAO.
Des ménages non attributaires en 2003 et 2007
L’aménagement de terres par la SONATUR pour la mise en œuvre de la phase pilote du programme de restructuration des zones d’habitats spontanés prend en compte les secteurs 26 et 27. Il ressort des débats que dans une partie du secteur 26, des lotissements ont été faits en 2003 et 2007. Malheureusement plusieurs ménages recensés lors des ces opérations de lotissement n’ont pas été attributaires de parcelles. «Ces derniers disposent portant de numéro de recensement en bonne et due forme, mais jusqu’à présent, ils sont assis sur des parcelles appartenant à d’autres personnes, parfois même sur des espaces verts et sur des voies. Il s’est agit pour nous de voir dans quelle mesure nous pouvons résoudre le problème, sur la base bien sûr des tentatives précédentes qui ont eu lieu, parce qu’en 2017 et en 2019, l’État a travaillé à mettre en place des commissions d’apurement du passif. Ces commissions ont travaillé mais jusqu’à présent, on n’avait pas encore vraiment commencé une mise en œuvre », explique en outre le PDS. Et celui-ci d’ajouter que sur ces dossiers, des instructions fermes ont été données par les autorités actuelles pour la résolution du problème. Pour faciliter le déroulement du processus, la SONATUR a été appelée en renfort. Sont également pris en compte les déguerpis du camp militaire. En plus de ces sites, la collectivité territoriale a aussi mobilisé un terrain au profit de l’ONG SOS Village d’enfants.
« Attendez la fin du processus ! »
Ainsi, dans une synergie d’actions, les autorités communales, régionales et nationales sont en train de mettre les petits plats dans les grands pour que dans un bref délai, tous ces dossiers fonciers qui ont longtemps défrayé la chronique à Sya, puissent trouver un dénouement rapide. «Cette situation crée de vrais soucis à plusieurs familles», témoigne monsieur Coulibaly qui fait partie des non attributaires du secteur 27. Ce chef de famille, ouvrier de son état, salue l’initiative des autorités qui permet de rétablir des centaines de ménages dans leurs droits. Face aux éventuelles spéculations foncières, le PDS Yoma Etienne Bako appelle les populations à la vigilance. «Nous faisons régulièrement des communiqués pour attirer l’attention des populations. Les processus sont en cours, mais ne sont pas encore achevés. Nous invitons les populations à s’abstenir de prendre des engagements. Certains vont vouloir prendre des promesses d’achat de terrain. A ces personnes, nous conseillons de savoir raison garder, d’attendre la fin des processus avant de faire des transactions s’il y a lieu », insiste t-il.
Ousmane TRAORE