Ba Dorcas /Nadembega, jeune entrepreneure : «J’ai démarré mon activité avec 5 000 FCFA»

Madame Ba Dorcas née Nadembega est un modèle de femme battante. Mariée et mère d’un enfant, à 26 ans, la jeune dame est détentrice de 3 entreprises. Allons à sa rencontre !!!

En entreprenariat, il faut apprendre l’humilité

Quatre motifs ont amené Ba Dorcas /Nadembega à entreprendre. Il s’agit notamment d’être un modèle d’entrepreneure pour son enfant, de rendre fier son papa pour ses sacrifices consentis pour elle, d’être un exemple de femme battante et contribuer à réduire le chômage dans son pays. Ainsi, après l’obtention de sa licence en 2017 en tant qu’ingénieur des travaux et sur conseils de certains de ses professeurs et le soutien de son mari, Dorcas s’est lancée dans l’entreprenariat. Pour cela, elle ouvre un garbadrome en septembre 2020 nommé «Garbadrome Kissal», ouvert grâce à un financement. Elle y vend de l’attiéké avec poisson thon ajouté à du donkounou. Avec l’arrivée de la maladie à Coronavirus au Burkina Faso, la jeune dame a eu l’idée de créer « Feuilles Fraiches et Clean » en mars 2020. Une entreprise virtuelle qui propose toutes sortes de feuilles déjà arrangées afin de faciliter la tache aux femmes. « J’ai démarré cette activité juste avec 5000 FCFA. Elle fonctionne très bien, on reçoit des commandes et on fait la livraison. J’ai un livreur pour ça », a-t-elle confié. À l’instar d’autres personnes, on peut dire que les conséquences de la pandémie à Covid-19 ont été une opportunité pour la jeune dame. Elles lui ont permis de créer en juillet 2020 sa troisième entreprise « MEDICOM » qui rentre dans le cadre de sa formation professionnelle. Cette entreprise qui existe physiquement depuis octobre 2020 est spécialisée dans la commercialisation des équipements médicaux et des équipements de protection individuelle. Pour la petite histoire, Dorcas raconte : «J’ai eu à travailler pour beaucoup de personnes. Mais, ce qui m’a poussée à ouvrir MEDICOM, c’est qu’en juin, mon patron nous annonçait qu’il ne pouvait plus supporter nos charges. Donc, il fallait juste travailler gratuitement trois mois et après il allait revoir notre cas. Et moi, j’ai décidé de démissionner. Car selon moi, ce n’est pas normal. En démissionnant, ce n’est pas que je m’appuyais sur quelque chose pour ouvrir l’entreprise. Je n’avais rien à ce moment mais, j’avais une conviction en moi. Qui me disait que même si ce n’est pas avec ce monsieur, tu vas t’en sortir. Dès que j’ai démissionné, la première des choses que j’ai eu à faire, c’est d’établir mes cartes de visite. Je suis allée à la recherche des marchés. Dès que je gagnais une commande, je partais vers les fournisseurs. Il y a un monsieur à Koulouba et qui vend des extincteurs. C’est avec lui que j’ai commencé à travailler. En gagnant les marchés petit à petit, j’économisais et je pouvais survenir aussi à mes besoins. Ensuite, Dieu faisant bien les choses, j’ai eu un peu de fonds et mon mari m’a appuyée et j’ai ouvert MEDICOM. Nous faisons aussi l’entretien des extincteurs. Je travaille avec deux partenaires techniques qui m’appuient, ce sont des ainés. Ils sont vraiment reconnus dans le domaine».

Femme battante, ambitieuse…

La vision de Dorcas qui emploie environ 5 personnes dans ses entreprises, est de faire un stock vraiment consistant de consommables médicaux et implanter son garbadrome dans beaucoup de quartiers afin de permettre à toutes les couches sociales de se procurer de la nourriture de qualité à petit prix. Elle veut être également être un exemple pour sa génération car dit-elle, « nous voulons entreprendre. Mais souvent ce qui nous bloque, c’est ce que les gens disent de gauche à droite. Nous devons nous asseoir, réfléchir profondément à ce que nous voulons faire de notre vie, et nous devons analyser. Il faut s’approcher des devanciers aussi, apprendre l’humilité. Je fonctionne sans un fonds de roulement consistant.  C’est l’erreur que beaucoup font, ils attendent l’argent avant de commencer à entreprendre. On commence, si tu fais très bien ton travail avec amour, ce sont les gens qui vont te repérer et peuvent même décider de t’accompagner. C’est ce que je fais. Je n’ai pas grand-chose ni de partenaires financiers, mais je sais seulement qu’un jour, toutes ces entreprises seront de grandes entreprises de référence. Et j’aurais apporté un plus aussi dans l’entreprenariat féminin. Nous pouvons faire plusieurs choses à la fois. Nous devons profiter de cette capacité pour soutenir nos maris, leur montrer l’exemple».

Aïcha TRAORE

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