Bobo-Dioulasso : Delphine, la dolotière d’Accart-ville

Le dolo encore appelé « tchapalo », est généralement bu dans les cabarets que l’on trouve dans les marchés. Mais on retrouve de nos jours des habitations qui ont été transformées en tchapalo drome « pour servir de lieux de fabrication et de consommation de dolo ». Ainsi, la bière de mil se boit maintenant au sein des concessions dans la ville de Sya. Constat !

Fabriqué à base de sorgho, le dolo a un goût assez aigre. Sa fabrication est un processus long et demande une bonne connaissance de cette boisson pour obtenir un produit de qualité. Sa consommation se fait dans les cabarets, des lieux de rencontres d’amis, de discussions animées et de partage de bons moments. Des endroits que l’on retrouve un peu partout dans la ville de Bobo, dans nos quartiers et au beau milieu des concessions. Les femmes qui fabriquent le dolo sont des dolotières. C’est un métier réservé exclusivement aux femmes.

Nous nous sommes intéressés à un tchapalo drome à Accart-ville au secteur 9 de Bobo ce 25 juillet 2023. Pour Mariame Delphine Sanou qui dit être née et avoir grandi dans la fabrication du dolo, « grâce à cette activité j’arrive à avoir ma pitance quotidienne, car je ne demande pas d’argent à quelqu’un. Aussi, j’arrive à payer la scolarité de mes enfants, les habiller et les nourrir. J’arrive à acheter ce que je veux, par exemple les pagnes, les chaussures. En tout cas, j’arrive à subvenir aux besoins de la famille », nous confie-t-elle parlant des retombés de cette activité.

Mariame Delphine Sanou

Comme toute activité génératrice de revenu, la cabaretière nous fait part des difficultés de ce métier. « Le prix du sac de mil à beaucoup augmenté. C’est cher maintenant. Il y a aussi le bois pour la préparation du dolo qu’on ne peut pas acheter. Souvent, il y a des clients qui viennent boire à crédit et certains ne payent même pas leur crédit », regrette-t-elle.

La musique, un élément motivateur

Qui parle de cabaret parle bien évidemment d’animation. L’animation joue un rôle important dans ce milieu. Elle se fait à travers la musique qui est un des éléments motivateurs tenant ainsi en haleine la clientèle. La musique adoucit les mœurs, dit-on. Les consommateurs parlent de tout sans tabou entre animation musicale et calebassé de dolo. Nous dirons donc que l’ambiance rime avec boire le dolo, car elle facilite sa consommation. Sauf que cette animation se fait au milieu des concessions, car le cabaret lui-même est implanté dans le quartier. En conséquence le voisinage se trouve au beau milieu de ce bruit. Cela peut gêner par moment la quiétude du voisinage.

A notre question sur la sonorisation du cabaret, Alidou Traoré, un riverain des lieux souligne, « ce cabaret joue sa musique avec modération. Il ne nous dérange pas trop, c’est seulement l’odeur du dolo qui nous fatigue souvent. Dès qu’il est 22h, il arrête la musique pour nous permettre de nous reposer. En tout cas, nous n’avons pas de problème avec la responsable du cabaret ». Pour la dolotière Mariame Delphine Sanou, « comme c’est au milieu des concessions, nous jouons de la musique en tenant compte de nos voisins. Parce qu’il peut y avoir des malades à côté qui veulent se reposer. Nous n’augmentons pas le volume. Et à partir de 22h nous arrêtons de jouer la musique ».

Souleymane Sanou est un fidèle client du cabaret. « Je préfère le dolo parce que c’est une boisson qui est produite naturellement, contrairement à d’autres boissons industrielles. Aussi, il m’évite des problèmes de constipation. Mais, toute consommation abusive peut poser des problèmes de santé. Pour cela, j’invite les consommateurs à la modération dans sa consommation».

Karim LEMA/Stagiaire

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