Depuis quelques semaines, le port du casque est devenu obligatoire pour les conducteurs de motos à deux roues au Burkina Faso. Cette mesure, prise par les autorités, vise à réduire les graves conséquences des accidents et à mieux protéger les usagers de la route. À Bobo-Dioulasso, comme dans plusieurs villes du pays, les contrôles routiers se multiplient et les conducteurs s’adaptent progressivement à cette nouvelle réalité.
Le mardi 12 mai 2026, une équipe de L’Express du Faso a effectué une sortie dans la ville de Bobo-Dioulasso afin de constater l’évolution du port du casque par les motocyclistes. Dans les rues, aux abords des feux tricolores, dans les grands carrefours et les ronds-points, les casques sont désormais visibles partout. Les vendeurs se sont installés dans plusieurs endroits de la ville, entre boutiques spécialisées, étalages improvisés et ventes ambulantes.
Daouda Kaboré, commerçant dans une boutique spécialisée dans la vente de casques, explique que cette mesure a fortement dynamisé son activité : « J’ai commencé à vendre les casques parce que l’État a rendu leur port obligatoire. Mais j’ai aussi compris à quel point le casque est important pour notre protection. Aujourd’hui, cela me rapporte également des revenus financiers, car la demande a fortement augmenté depuis l’annonce de cette mesure. Avant, on pouvait passer toute une journée sans vendre beaucoup de casques. Maintenant, les clients viennent régulièrement ».
Dans la circulation, le constat est clair : de nombreux conducteurs portent désormais un casque, même si certains continuent encore de rouler sans protection.
Du côté des usagers, les avis sont partagés. Plusieurs conducteurs saluent cette décision qu’ils considèrent comme une mesure salvatrice face aux nombreux accidents de la circulation enregistrés chaque année. Pour eux, le casque n’est plus seulement une obligation imposée par les autorités, mais un véritable moyen de protection.
Angel Kaboré, conducteur de moto, confie : « J’ai acheté mon casque bien avant que l’État burkinabè ne rende son port obligatoire. Il me protège en cas d’accident, mais aussi contre la poussière et le soleil ».
Cependant, certains usagers dénoncent le coût élevé des casques et les difficultés financières auxquelles ils sont confrontés. Ils invitent les autorités à échanger avec les commerçants afin d’encourager une baisse des prix. Selon plusieurs conducteurs, certains casques de bonne qualité coûtent jusqu’à 12 000 FCFA, un montant jugé élevé pour de nombreux ménages qui doivent se procurer plusieurs casques.
Quant aux forces de sécurité, elles poursuivent les campagnes de sensibilisation aux feux tricolores et dans les rues de la ville. Les contrôles se poursuivent également afin d’amener tous les conducteurs à respecter cette réglementation routière.
L’obligation du port du casque marque ainsi un changement important dans les habitudes des conducteurs de motos au Burkina Faso, particulièrement à Bobo-Dioulasso. Entre sensibilisation, contrôles routiers et développement du commerce des casques, cette mesure transforme progressivement le quotidien des usagers. Si certains restent encore réticents, beaucoup reconnaissent déjà l’importance du casque dans la prévention des accidents et la protection des vies humaines.
Mahanatou OUATARRA/Stagiaire
