Burkinabè, sommes-nous citoyens de notre pays ?

La citoyenneté, est le fait pour un individu, pour une famille ou pour un groupe, d’être reconnu officiellement comme citoyen, c’est-à-dire membre d’une ville ayant le statut de cité, ou plus généralement d’un Etat. Outre le statut juridique et des rôles sociaux, le citoyen se définit aussi par des valeurs qui lui sont attachées. Parmi ces valeurs il y a la civilité. Il s’agit d’une attitude de respect, à la fois à l’égard des autres citoyens (politesse), mais envers les divers bâtiments et lieux de l’espace public (transports ou bâtiments publics). C’est une reconnaissance mutuelle et tolérante des individus entre eux, au nom du respect de la dignité de la personne humaine, qui permet une plus grande harmonie dans la société.

Il y a aussi parmi ces valeurs le civisme qui consiste, à titre individuel, à respecter et à faire respecter les lois et les règlements en vigueur, mais aussi à avoir conscience de ses devoirs envers la société. De façon plus générale, le civisme est lié à un comportement actif du citoyen dans la vie quotidienne et publique, qui le conduit à agir pour que l’intérêt général l’emporte sur les intérêts particuliers.

Enfin, on peut retenir parmi ces valeurs, la solidarité. En effet, dès lors que les citoyens, dans une conception classique ne sont pas de simples individus juxtaposés, mais un ensemble d’hommes et de femmes attachés à un projet commun, la solidarité s’impose à eux. Elle correspond à une attitude d’ouverture à autrui, illustrant le principe républicain de fraternité. Dans ces conditions, la solidarité qui consiste à venir en aide aux plus démunis, directement ou par le biais des politiques publiques est très directement liée à la notion de citoyenneté.

A l’analyse de ces trois principales valeurs qui donnent droit à la citoyenneté, on est inquiet de savoir que ces valeurs sont en effritement au Burkina Faso. Autrement, elles sont beaucoup plus sur les bouts des lèvres que dans les actes quotidiens. La citoyenneté, ce n’est pas le fait d’avoir une carte d’identité ou tout autre document faisant de soi un membre d’une société. Ce n’est pas non plus le fait de croire qu’on a des droits et des devoirs. Mais, c’est aussi savoir qu’au même titre que soi-même, les autres en ont, ces mêmes droits et devoirs.

Aussi, il apparaît de plus en plus impératif, qu’au-delà d’une seule semaine consacrée à la citoyenneté, on image une méthode durable de sensibilisation et de formation afin qu’effectivement on ait de véritables citoyens burkinabé. Parce que les Burkinabé actuels, tels qu’ils sont, ont conscience qu’il faut changer, mais ne se donnent pas du tout la peine de changer. La force n’y pouvant plus rien, il faut dès à présent, avec ceux qui sont engagés, former l’homme burkinabé nouveau pour assurer une véritable citoyenneté. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille arrêter la sensibilisation. Bien au contraire. Car, la situation est telle qu’il faut même intensifier cette sensibilisation. A défaut, sanctionner.

Dabaoué Audrianne KANI

 

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