
Au sein de la cité universitaire de Bobo-Dioulasso, les chambres et les espaces de détente ne servent plus uniquement de dortoirs et de repos. Elles se transforment progressivement en de petits espaces de commerce où les étudiants vendent des articles. Une de nos équipes s’est rendue sur les lieux, le lundi 20 juillet 2026, pour en savoir plus.
« Le commerce n’est pas seulement un moyen de gagner sa vie, c’est aussi une école de persévérance, de courage et d’autonomie ». Cette réflexion prend tout son sens dans la cité universitaire de Bobo-Dioulasso, où de nombreux étudiants ont choisi d’entreprendre pour faire face aux réalités économiques. C’est le cas de Sibiri Soura, étudiant en deuxième année de Lettres Modernes. Vivant en cité, il nous explique. « Je vends des chaussures et des vêtements en cité. Les bénéfices me permettent d’acheter mes photocopies et de contribuer à mes dépenses alimentaires. Ce n’est pas facile, mais cela m’aide à poursuivre mes études. J’ai choisi de vendre des produits vestimentaires en cité universitaire pour ne plus dépendre entièrement de mes parents. Chaque jour, je réalise quelques ventes qui me permettent de subvenir à mes besoins essentiels. Cette activité demande beaucoup d’organisation afin de ne pas négliger les études. Même si les bénéfices varient, je suis fier de gagner honnêtement mon argent. Je souhaite poursuivre ce commerce jusqu’à la fin de mon cursus universitaire. Mais le problème qui me dérange, c’est plutôt les taxes que l’administration veut nous imposer », explique-t-il.
Le commerce, bien plus qu’un moyen de subsistance
Pour de nombreux étudiants, le commerce représente bien plus qu’un moyen de subsistance. Hubert Sawadogo est étudiant en 3ème année en Science Biologie. Sur son lieu de vente, il laisse entendre qu’il a commencé à vendre des sandwichs et des boissons en cité universitaire, mais avec le temps il est passé à autre chose. « Maintenant, je vends des chaussures, des habits, des maillots, des porte-clefs via WhatsApp et Facebook qui marchent très bien. Mes clients sont principalement des étudiants. Grâce à cette activité, je suis moins dépendant de ma famille. Mes parents ne peuvent pas couvrir toutes mes dépenses universitaires. Les revenus (de ce commerce : ndlr) me permettent de payer mes supports de cours et les frais de transport. Ce n’est pas toujours facile, car il faut jongler entre les cours et le commerce. Malgré la fatigue, je reste motivé, car cette activité me permet de poursuivre mes études dans de meilleures conditions », signifie-t-il. Etudiant en fin de cycle en Anthropologie, Sié crépin Kambou, nous raconte son parcours dans le commerce en cité universitaire. « Je vends mes articles depuis 3 ans. Ce sont notamment des accessoires de téléphone, des chaussures, des vêtements, des parfums, des bracelets et des lunettes dans la cité universitaire après les cours. Cette activité me permet de payer mes photocopies, une partie de mes repas et d’autres dépenses quotidiennes. Les bénéfices ne sont pas toujours importants, mais ils me soulagent beaucoup », dit-il.
«On veut nous imposer des taxes»
Sié Crépin Kambou fait savoir qu’il lui arrive de rencontrer des difficultés pendant les périodes d’examens, car il doit privilégier ses révisions. « Malgré cela, je continue, car ce commerce m’aide à être plus autonome. Mon objectif est de terminer mes études tout en développant mon esprit d’entreprise. Souvent ce qui m’inquiète, c’est l’incompréhension avec l’administration qui veut nous obliger à payer des taxes », dit-il. Rosine Ouoba, étudiante en anthropologie, vend du savon, Omo, Lotus, des arachides et des briquets en cité universitaire depuis deux ans. Elle avoue que ce petit commerce lui permet de subvenir à ses besoins et de soutenir sa famille. « Les ventes ne sont pas toujours bonnes, mais avec la patience et le courage, j’arrive à gagner honnêtement ma vie. J’espère un jour agrandir mon activité et ouvrir une véritable boutique. Vendre ces produits hygiéniques en cité universitaire est une source de revenus pour moi. Grâce à ce petit commerce, j’arrive à couvrir certaines de mes dépenses quotidiennes et à aider ma famille », souligne t- elle. Face à la concurrence Rosine ajoute que ces journées ne sont pas toujours faciles. « Il faut faire face à la concurrence et aux périodes de faible vente. Mais avec la patience et la détermination, je continue à exercer cette activité avec courage », déclare-t-elle. Cependant, concilier études et commerce n’est pas sans difficulté. Les étudiants-commerçants doivent gérer leur temps entre les cours, les révisions et leurs activités génératrices de revenus. Certains reconnaissent que les périodes d’examens les obligent à ralentir leurs ventes afin de privilégier leur réussite académique.
Malgré les défis liés au manque d’espace, à la concurrence et aux conditions de vie dans les cités universitaires, ces initiatives témoignent de la capacité des étudiants à faire preuve d’innovation et de résilience. Pour beaucoup, le commerce représente non seulement une source de revenus, mais aussi une première expérience entrepreneuriale qui pourrait leur être utile après leurs études.
Gnouma SANOU (stagiaire)
Rose KORO (stagiaire)