De la crédibilité des politiques, dépend celle de nos institutions

Jamais aucune élection ne se déroule en Afrique sans qu’un camp ne dénie à l’autre la victoire. À quelques exceptions près. Il s’en suit dans la plupart des cas des violences qui,  hélas,  se soldent aussi par des morts d’hommes. À se demander comment des personnes conscientes et soucieuses de la vie humaine, se laissent ainsi aller à la mort. Ou y entraînent d’autres dans des circonstances qui sont prévisibles du point de vue des risques encourus. Les chiffres peuvent être erronés et même fantaisistes,  mais un mort,  c’est déjà trop pour une cause certes noble, mais qui ne nécessite pas de tels sacrifices. Quand l’opposant Cellou Dallein Diallo revendique sa victoire avant le dépouillement complet des bulletins, en bon politicien, il a sans doute des raisons valables. Qu’on affirme en plus ne rien attendre des émissaires d’une institution africaine comme la CEDEAO, on peut s’interroger sur la crédibilité des uns et des autres. Et pas seulement des institutions  indexées comme peu crédibles. Même l’ONU a parfois du mal à se faire entendre, parce que jugée  partisane d’un camp contre un autre. Une question d’idéologie plus qu’autre chose. La vérité qu’on applaudit, est celle qui va dans notre sens. Ainsi va la politique en Afrique. Les médias applaudis par un parti politique, sont ceux qui parlent ou écrivent dans le sens qui nous convient hic et nunc.  Qui sera la dernière instance crédible ? Dieu ? Faudra qu’on s’entende sur qui il est ! On met en place des institutions républicaines,  interafricaines et même internationales pour nous représenter et traiter de nos affaires. C’est un ensemble de dispositions de facilitation et de mise en œuvre du jeu politique. Mais, le jeu n’a plus de sens si leur travail est sans cesse vilipendé dès lors qu’il ne va pas dans le sens souhaité par un camp. Travaillons alors à leur crédibilité, avant de les engager pour nous représenter ou n’y prenons pas part ! Il y’a effectivement des cas de plaintes fondées et des cas d’erreurs et même de corruption avérée. Il faut alors les signaler et pourquoi pas, les attaquer devant des juridictions… crédibles !? Car, à sans cesse justifier son échec (réelle ou imaginaire) par un dysfonctionnement de telle ou telle institution, on coure le risque de ne plus être crédible sur le dossier.  Comment assurer des résultats de scrutins sans contestation possible ? C’est un débat qui mérite d’être fait. Et des solutions à trouver à ce problème récurant. Tout commence par la crédibilité des candidats, la qualité des hommes politiques en général. Il y’a des gens à qui on ne peut pas voler une victoire. La politique africaine devrait travailler à avoir des personnes de cette stature là comme candidats. Faire de ses politiciens de tels hommes crédibles et respectés par un large consensus national. On ne peut avoir des instructions crédibles avec des acteurs politiques non convaincants comme fondateurs. La majorité comme l’opposition est concernée par ce débat fondamental. Car dans les partis politiques ce n’est pas forcément mieux que dans les institutions républicaines.  Il y’a fort à faire. Il semble bien que le bas du problème soit le fondement de départ. Les bases doivent être solidement posées par des hommes qui méritent d’être là, par la hauteur de leurs idées, leurs personnalités et leurs mérites….

Sibiri SANOU

 

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