Déclaration de politique générale : Ce que le Premier ministre compte faire

Le Premier ministre était face à la représentation nationale pour prononcer sa Déclaration de politique générale (DPG). C’était le jeudi 4 février 2021 à l’Assemblée nationale en présence des membres du gouvernement.

Le Premier ministre Christophe Dabiré

La Déclaration de politique générale (DPG), du Premier ministre est un acte républicain inscrit dans la Constitution du Burkina Faso en son article 63. Elle permet au chef du gouvernement de disposer de la pleine légitimité pour exercer ses fonctions, grâce à l’onction des élus nationaux. Dans son exposé, le Premier ministre, Christophe Dabiré, a exprimé sa déférente considération et assure de sa disponibilité à travailler avec la représentation nationale pour la réalisation des missions régaliennes, dans le but de répondre aux aspirations fondamentales des Burkinabé de l’intérieur comme de l’extérieur.

Il traduit la pertinence du programme de société du Président du Faso, dont la vision invite à se mettre « Ensemble et en mouvement pour reformer l’Etat, l’administration publique, pour garantir la sécurité, la stabilité et renforcer la résilience économique du Burkina Faso ». Pour ce faire, selon lui, le Président du Faso engage les Burkinabè dans un mouvement d’ensemble dont l’objectif est de réaliser dix grands chantiers. Il s’agit de consolider la paix, la sécurité, la cohésion sociale et de promouvoir la réconciliation nationale, d’approfondir la réforme des institutions et la modernisation de l’administration publique, de poursuivre la transformation des bases productives de l’économie nationale et de renforcer le processus de développement humain et la solidarité.

Paix et sécurité des personnes et des biens

La consolidation de la paix, de la sécurité des personnes et des biens, de la cohésion sociale ainsi que la promotion de la réconciliation nationale constituent le premier axe de sa feuille de route, car l’évolution du contexte de notre pays l’exige. Ainsi, des actions majeures seront engagées. Parmi lesquelles, la consolidation      des acquis engrangés grâce l’opérationnalisation de la loi de programmation militaire 2018-2022, l’amélioration de la contribution des Volontaires pour la défense de la patrie, la poursuite de la coopération sous-régionale et internationale dans le cadre du G5 Sahel.

Il sera aussi procédé au renforcement des capacités d’intervention des forces de sécurité intérieure en vue de contrer le développement de la criminalité transfrontalière, du grand banditisme et de la criminalité rampante dans nos villes et campagnes afin de restaurer le climat de confiance entre les Forces de défense et de sécurité et les populations civiles. En outre, l’adoption prochaine par le gouvernement, de la Politique et de la stratégie de sécurité nationale, ainsi que l’accélération de l’élaboration des stratégies sectorielles qui en découlent, favoriseront le déploiement d’une réponse holistique dans la prise en charge des défis sécuritaires.

Ces actions, selon lui, s’inscrivent dans la continuité des politiques initiées et mises en œuvre par les gouvernements depuis 2016 et qui ont permis d’éviter le chaos à notre pays.

Réconciliation nationale

Pour ce qui concerne la réconciliation nationale, elle constitue un enjeu majeur pour mon gouvernement. C’est l’ampleur de ce défi qui a commandé la nomination d’un ministre d’Etat, ministre auprès du Président du Faso et qui en a la charge. Une des actions phares pour relever ce défi est de réussir l’organisation du forum de réconciliation nationale annoncé par le président du Faso, en s’appuyant sur les résultats fort appréciables déjà engrangés par le Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale. Il s’agit de convoquer toutes les forces vives de la nation pour poser les jalons d’un nouveau départ pour notre pays en matière de consolidation d’un Etat de droit et de démocratie qui garantit les libertés de chacun et la paix pour toute la communauté. En outre, le gouvernement va parachever l’élaboration de la stratégie nationale pour la promotion de la cohésion sociale pour servir de référentiel en la matière et organiser dans ce cadre une journée symbolique dédiée au vivre-ensemble. Il s’investira dans la lutte permanente contre toutes les formes de stigmatisation et de repli identitaire qui sont sources de division dans notre société.  Les bases du nouveau pacte social et républicain qui seront créées à l’occasion du forum national sur la réconciliation devront être consolidées par un dialogue politique et social fécond.

Nouveau paysage politique

Sur le plan politique, la reconnaissance par tous de la crédibilité des résultats des dernières élections découle pour une large part, du consensus né du dialogue politique initié par le chef de l’Etat.

Tout en félicitant l’ensemble des acteurs pour les succès enregistrés lors des élections présidentielle et législatives du 22 novembre 2020, son gouvernement entend parachever le processus électoral en cours, en veillant à organiser dans les conditions optimales, les élections municipales et le référendum constitutionnel.

La représentation nationale a investi le Premier ministre

Cependant, le nouveau paysage politique résultant des élections du 22 novembre 2020, l’importance des réformes préalables à engager pour consolider la décentralisation et la démocratie locale pourraient justifier un report des scrutins de mai 2021. C’est pourquoi, dans les prochaines semaines, le gouvernement va engager des consultations avec la classe politique, afin d’en déterminer les modalités.

Renforcement du processus de développement humain et de la solidarité

Les nombreux défis liés au développement de notre pays ne peuvent être relevés qu’avec des ressources humaines de qualité qui participent à la production et au partage de la richesse. Son gouvernement va donc investir davantage de ressources dans les secteurs sociaux, promouvoir l’inclusion sociale et lutter contre la dégradation de l’environnement. Dans le domaine de l’éducation, son ambition demeure l’éducation pour tous. Pour le Premier ministre, l’éducation nationale qui concerne le préscolaire, le primaire, le post-primaire et le secondaire doit poursuivre sa transformation à travers la mise en adéquation de l’offre et la demande éducative, la prise en compte des nouvelles technologies dans les techniques d’enseignement, la relecture des curricula dans la perspective d’améliorer la qualité des enseignements et d’intégrer les langues nationales. L’éducation non-formelle est également sera valorisée par l’identification d’actions pertinentes susceptibles de bénéficier du soutien de l’Etat. « Si l’éducation de la jeunesse est en soi une bonne chose, c’est par les qualifications reçues que nous ferons des jeunes des ressources humaines capables de stimuler la productivité de notre économie », a noté le chef du gouvernement. Son gouvernement va donc accorder une attention particulière à l’enseignement et à la formation technique et professionnelle. En matière de santé, le ministre de la Santé, selon lui, va déployer un programme national de promotion de l’égalité d’accès aux soins de santé. Il continuera de mettre en œuvre la politique de gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, tout en l’élargissant aux personnes âgées et cela en concertation avec la Caisse nationale d’assurance maladie universelle et les structures de sécurité sociale.

La problématique de l’accès à la terre

La problématique de l’accès à la terre et de sa gestion est une menace à la paix et à la cohésion sociale aussi bien dans les centres urbains, dans les agglomérations et en milieu rural.

Les ministres en charge du foncier vont engager la relecture de la Réforme agraire et foncière et harmoniser les textes régissant le foncier urbain et rural. En plus des réformes du cadre législatif, réglementaire et institutionnel, le ministre en charge de l’habitat consolidera les acquis du programme des 40 000 logements sociaux et économiques. Il initiera la réflexion pour la mise en place d’un mécanisme pérenne de financement à long terme de l’offre et de la demande de logement. Son gouvernement entend également créer un Fonds national pour le financement de la planification et de l’aménagement urbains. Il redéfinira le modèle économique présidant à la mise en œuvre des investissements dans les villes moyennes à l’occasion de la célébration tournante du 11 décembre.

Le Premier ministre a conclu que la présente Déclaration de politique générale constitue la trame des actions prioritaires du gouvernement qui permettra à chaque ministre de dégager un programme sectoriel. «Le referendum constitutionnel qui va permettre le passage à une nouvelle République, la cinquième, debout comme un seul homme, nous devons nous mobiliser, sans considération aucune, pour asseoir les bases d’une construction nationale durable et désintéressée au profit des générations à venir», a renchéri Christophe Dabiré.

Jules TIENDREBEOGO

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