Démission de Bassolma Bazié de la fonction publique, quelle leçon en tirer ?

Courant janvier 2020, Basolma Bazié le leader de la Confédération générale des travailleurs du Burkina (CGTB) est passé devant un Conseil de discipline du ministère de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, son ministère de tutelle. La suite à donner audit conseil a été une affectation de l’intéressé à la direction régionale du centre de son ministère de tutelle (il est professeur certifié des lycées et collège). Qualifiant cette affectation d’arbitraire, Basolma Bazié va réagir le 19 janvier 2021.  En effet, dans une lettre datée le jour cité et adressée au ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection Sociale (FPTPS), le leader de la CGTB informe de sa démission de la Fonction publique. Morceaux choisis de cette lettre.

« …Mais en attendant, je me fais le sacré devoir dans une fierté exaltante de vous rendre ma démission de la Fonction publique, du travail et de la Protection sociale, conformément à la loi 081 du 24 novembre 2015 en son chapitre 2, article 184 ; malgré le passif de plusieurs années d’arriérés de salaires que l’Etat me doit via le blocage de mes avancements depuis janvier 2018. De toutes les façons, nous avons dans un passé assez récent et sans aucun regret bien attendu, des actes au prix de nos vies pour sauver les Institutions de ce pays sans pour autant nous attendre à une quelconque rémunération ou décoration. Les moins chanceux étant couchés dans des cimetières et d’autres portes des invalidités et traumatismes à vie. En rappelle, une déclaration signée de son Excellence Roch Marc Christian Kaboré le 18 septembre 2015, jadis président de mois d’une coalition politique en dit long sur ce sacrifice dont l’unique prix qui en vaudrait la peine reste la noblesse… ». Ainsi donc, Basolma Bazié a préféré partir de la fonction publique que d’y demeurer pour subir ce qu’il qualifie d’arbitraire. De telles décisions, bien que rares sous nos cieux, enseignent à plus d’un titre.

La démission de Basolma Bazié intervient à un moment crucial de la vie politique au Burkina Faso. Pendant que des partis dits de l’opposition, vident cette institution au profit de la majorité pour des raisons propres aux leaders desdits partis, le leader de la CGTB, dit non à l’Etat pour ce qu’il qualifie d’arbitraire. Sa décision est une leçon qu’il convient d’assimiler pour mieux avancer dans ce pays. Il l’a dit à qui veut l’entendre, « … Mais en attendant, je me fais le sacré devoir dans une fierté exaltante de vous rendre ma démission … ». Pour dire qu’il préfère renoncer à son emploi quelles que soient les conséquences que de compromettre sa fierté, voire sa dignité. Cette démission quoi qu’on dise, traduit combien, il y a toujours des fils et filles, dignes de ce nom « BURKINABE ». Malheureusement, ils ne sont pas toujours compris dans leur démarche. Quelle perte !

Souro DAO

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