Dépistage et prise en charge du Covid-19 au CMA de Dô : Priorité aux cas suspects et aux personnes-contactes

Se présenter au CMA de Dô pour un dépistage volontaire de la Covid-19, c’est se voir opposer une fin de non-recevoir. Pourquoi ? Réponse avec Docteur Ghislain Bouda, Médecin-chef du District sanitaire de Dô.

1. Dr Ghislain Bouda, Médecin-Chef du District Sanitaire de Dô

A l’étape actuelle, les services compétents, pour connaitre le statut Covid-19 d’une personne et assurer sa prise en charge médicale dans cette formation sanitaire, ne font pas de dépistage sans signes de maladie, «comme c’est le cas pour le VIH SIDA», précise le Médecin Chef du District (MCD) sanitaire de Dô, le Docteur Ghislain Bouda. Focus sur le CMA, pour explications suite à des plaintes dont L’Express du Faso a eu échos ! Des citoyens bobolais qui se plaignent de n’avoir pas été reçus pour un dépistage du Covid-19 dans un des rares centres compétents en la matière dans la cité de Sya. Pour en avoir le cœur net, nous nous sommes rendus sur les lieux en ces journées du 25 et 26 janvier. De coups de fils à autorisations de supérieurs hiérarchiques, nous pouvons enfin avoir des réponses à nos questions. Non sans essuyer dans les allées et escaliers, quelques réactions virulentes de personnes venues pour leur cas, et «qui n’ont pas que ça à faire». Comme cette personne du corps diplomatique qui s’énerve d’attendre un peu trop longuement. Que les journalistes ne s’attardent donc pas… «Nous ne sommes pas dans la ligne, Madame ! On ne fait qu’écouter les explications données aux personnes devant être dépistées».

Les équipes Covid-19 du CMA à pied d’œuvre chaque matin pour le dépistage de personnes présentant des signes du Covid-19

On fini par se comprendre…

« Seulement les cas légers et…sont pris en charge »

Quelle est donc la spécificité du CMA du district sanitaire de Dô par rapport au Covid-19 ? C’est un des quelques établissements sanitaires qui reçoivent des personnes pour dépistage et prise en charge en cas de nécessité. Les autres étant le Centre de Belleville (Démembrement du CHU Souro Sanou et constituant le Centre de référence en la matière dans la région), et le CMA de Dafra. Auxquels il faut ajouter le district sanitaire de Léna, secteur 4, qui s’occupe du dépistage de personnes devant effectuer un déplacement en dehors du Burkina Faso. Il faut en effet présenter des résultats négatifs au Covid-19 pour avoir accès à l’avion, au niveau de l’aéroport. Au CMA de Dô, explique le Docteur Ghislain Bouda, le public cible des tests est constitué de personnes qui ne se sentent pas bien et qui présentent des signes corroborant avec le Covid-19 : ce sont les cas dits «suspects». La deuxième catégorie de personnes reçues, ce sont les «personnes-contactes», c’est-à-dire celles qui ont été directement en contact avec une personne testée positive au Covid-19 ou atteinte de la maladie à coronavirus (par exemple en milieu de travail ou en famille). Si la personne testée est positive, une prise en charge est possible. Dans cette prise en charge, interviennent des critères cliniques. «Le CMA ne prend en charge que les cas légers et modérés. Les cas plus compliqués sont référés au CHU. C’est le niveau du plateau technique qui joue ici». Ainsi, le CMA enregistre actuellement un seul cas de patient hospitalisé à son niveau. Ne peut de ce fait se plaindre de ne pas être reçue, qu’une personne n’entrant pas dans le cadre du public cible. Car, le dépistage volontaire sans présenter les signes liés au Covid-19 n’est pas possible pour le moment. La fièvre, la toux, et autres signes associés tels la céphalée, la perte de goût ou d’odorat, les maux de gorges, les douleurs musculaires, articulaires, des douleurs à la poitrine, donnent lieu à un test de dépistage… Dans cette journée du 26 janvier, les candidats au test entre 7 heures et 9 heures avoisinent la vingtaine. Le service de dépistage a connu des périodes plus chargées, avec une affluence de centaines de personnes, dont surtout des élèves. Au-delà de la fourchette horaire déterminée pour recevoir les personnes pour le test, il arrive que le personnel accueille d’autres personnes, «si  l’équipe n’est pas déjà dispersée, auquel cas il faudra revenir le lendemain». Il y’a donc une certaine réponse de la population à la campagne de sensibilisation contre le Covid-19 à Bobo-Dioulasso, à en juger par cette fréquentation du service de dépistage au CMA de Dô.

Sibiri SANOU

Aymeric KANI

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