Espace AES : «Les peuples doivent privilégier l’intérêt supérieur des nations au détriment de celui égoïste », Cheick Mohamed Gansoré

Le Cheick et guide religieux international Mohamed Bassirou Gansonré Sakalayni a initié une cérémonie de prêche en fin janvier 2026 à Bamako dans la capitale du Mali. L’objectif était de sensibiliser les ressortissants de l’espace AES à œuvrer afin de promouvoir la paix, la cohésion sociale et la solidarité. Nous l’avons rencontré pour qu’il nous parle de l’impact de cette conférence islamique.

 

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis le Cheick et guide religieux international Mohamed Bassirou Gansonré Sakalayni. Je fais des prêches dans l’objectif de sensibiliser les populations sur le renforcement de la cohésion et de la paix sociale, la solidarité et le vivre-ensemble aux niveaux national et international. Depuis quelques années, j’ai fais des tournées de prêches et prières dans notre espace AES. Mon objectif est que cet espace retrouve sa quiétude d’antan.

 

Vous avez été invité à Bamako au Mali pour sensibiliser les populations sur la cohésion et la paix sociale à travers le prêche. Comment le séjour s’est-il passé ?

A travers nos actions de sensibilisation en faveur de la promotion de paix, j’ai été à nouveau invité dans la capitale du Mali, Bamako, pour apporter ma touche particulière à la promotion de la paix à travers une grande cérémonie de prêche. Aujourd’hui, nous partageons le même espace AES avec le Mali et le Niger afin de mutualiser nos forces pour un avenir radieux. C’est dans cette optique qu’après le Burkina Faso, le Niger, nous avons initié une conférence islamique à Bamako. Chaque année, nous sommes invités dans ce pays frère pour prêcher et échanger avec des guides religieux, des autorités coutumières et administratives. Cette année, dès notre arrivée à l’aéroport de Bamako, nous avons été accueilli par une forte mobilisation de jeunes, le 24 janvier 2026. Là, nous avons reçu des Corans et chapelets.

 

Quelles ont été les grandes articulations de vôtre séjour ?

Nous avons pu rencontrer des guides religieux, des responsables religieux burkinabè résidents au Mali, des Cheicks, des imams et des autorités administratives. Nous avons aussi rencontré le président du Haut conseil islamique, Cheick Ousmane Haïdara, et celle qui a facilité notre séjour, la présidente Adja Awa Traoré. Ces différentes rencontres avaient pour objectifs de raffermir nos liens et renforcer notre cohésion sociale, le vivre-ensemble et l’intégration au sein de l’AES.

 

La grande cérémonie de prêche a-t-elle tenu toutes ses promesses ?

Fortement mobilisés, la grande cérémonie de prêche a connu la participation des fidèles musulmans venus des quatre coins du Mali. Des autorités coutumières, religieuses et administratives, des associations islamiques de femmes ont rehaussé l’éclat de cette grande rencontre islamique pour la promotion de la paix et du vivre-ensemble. Il y avait aussi la présence remarquable de Cheick Moussa Balla Traoré. Dans une ambiance de solidarité agissante, le message est bien passé.

 

Quel était le thème de cette grande conférence islamique ?

La grande conférence islamique s’est tenue dans la nuit du samedi 31 janvier au dimanche 1er février 2026 à Bamako de 20 heures à l’aube. Le thème choisi était : « Aimons-nous vivant, aidons-nous vivant ». Un thème pertinent et d’actualité plein de sens qui a été développé au profit des populations. Ce thème a contribué de façon significative à renforcer la cohésion sociale et promotion la paix, la tolérance, la solidarité et le vivre-ensemble. On ne doit pas aimer son semblable étant mort. On doit s’aimer étant vivant.

 

Y-a-t-il eu d’autres temps forts pendant la rencontre ?

En plus du message, cette cérémonie a été marquée par plusieurs temps forts. Il y a eu la lecture du Coran afin que les peuples des trois pays cultivent davantage le vivre-ensemble ; des conseils et bénédictions ; des messages d’adoration à Allah, et des prières à l’endroit de nos différentes autorités. Des invocations pour raffermir la foi et renforcer le vivre-ensemble et promouvoir la solidarité agissante et la tolérance entre les peuples de l’AES. Des invités spéciaux ont fait passer des messages afin que nos trois pays retrouvent la quiétude d’antan. La présidente Adja Awa Traoré a initié une cotisation qui a permis l’achat d’une moto au profit d’une personne nécessiteuse. Au cours de la cérémonie, nous avons remis officiellement cette moto au bénéficiaire. Des attestations de reconnaissance ont été décernées à des fidèles qui ont œuvré pour la promotion de la paix sociale. Nous avons reçu un certificat de reconnaissance AES marquant notre dévouement et ardeur pour la promotion de la paix dans cet espace.

 

Quel est le message fort à l’endroit des populations de l’AES ?

Nous invitons les peuples de l’espace AES à privilégier l’intérêt supérieur des nations au détriment de celui égoïste. Et d’œuvrer de façon inlassable pour promouvoir la cohésion sociale, la solidarité agissante, le vivre-ensemble, la paix et la tolérance. Il faut prier davantage pour les nations et les plus hautes autorités qui sont en train de jeter les bases du développement durable. Nos populations doivent aussi soutenir et galvaniser nos forces combattantes qui font un travail remarquable. Dans un avenir proche, la quiétude et la stabilité règneront dans notre espace.

Interview réalisée par

Jules TIENDREBEOGO