Fait de chez nous : Elle se suicide par amour

Sarah se suicide. Elle a préféré la mort à la honte de sa famille. Sarah et Sétou sont les deux enfants d’un vieux couple. Seuls soutiens de leurs deux parents, Sarah et Sétou font tout pour les mettre à l’aise. Mariée à un homme financièrement capable, Sétou la grande sœur est au four et au moulin pour que sa famille ne manque de rien. Sarah qui vivait avec les deux vieilles personnes, se sépare d’elles. Les études obligent. Elle est hébergée par sa grande sœur Sétou dans sa ville d’études.

Le Mari de Sétou prend bien soin de Sarah. Il va même trop bien s’occuper d’elle. Au finish, monsieur enceinte la petite sœur de madame. Informé de la grossesse, monsieur propose l’avortement à sa belle-sœur. Née dans un milieu fortement fidèle à sa culture, Sarah pouvait tout accepter sauf faire un avortement. Accoucher aussi de cette grossesse dont l’auteur n’est autre que son beau-frère, c’est « verser le visage de sa famille à terre ». Car sa culture d’origine exige que le nom de l’auteur de la grossesse soit cité le jour de l’accouchement. Sans quoi, le bébé ne sortira jamais des entrailles de celle qui est en travail. Sarah croit bien en ce pan de sa culture d’origine. Cité donc son beau-frère comme auteur de la grossesse, serait tuer ses deux parents.

Sarah garde la grossesse jusqu’à trois mois à peu près. Certains signes de grossesse commençaient à se manifester. Son beau-frère lui met la pression pour faire couler la grossesse. Sarah est catégorique. Elle ne fait pas d’avortement. Sa solution, mettre fin à sa vie afin d’éviter toute chose qui pourrait retenir l’attention des gens. Alors, elle adresse une lettre à son amie d’enfance qui étudie dans une autre ville. « Ma sœur née d’une autre mère, Renart dans son œuvre satirique dit, « Entre deux maux, il faut choisir le moindre ». Je suis dans une impasse. Je vais me résigner à faire un choix qui ne te plaira certainement pas.

Ma sœur, je porte la grossesse du mari de ma grande sœur. Tu es la seule personne en plus de lui à avoir cette information. Quant à moi la troisième personne, j’ai opté de mettre fin à ma vie. Car garder cette grossesse, reviendrait à tuer mes deux parents et ma grande sœur. Tu es un autre moi. Je sais que tu garderas cette information toute ta vie. Mais rends-moi service en informant maman quand elle vivra ses derniers moments. Adieu ma sœur ». Son amie reçoit la lettre de Sarah 24 heures après. Elle était déjà passée à l’acte. Fille timide et assez respectueuse, Sarah a laissé plusieurs personnes dans l’incertitude. Même sa sœur à qui elle confiait tout, est perdue. Seuls son mari et l’amie de Sarah savent pourquoi ce suicide. Mais aucun d’eux ne pouvait en parler. La mère de Sarah sera informée par son amie, quand elle était mourante sur son lit d’hôpital. Exactement comme Sarah l’avait souhaité.

Souro DAO/ daosouro@yahoo.fr

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