Fait de chez nous : Le prix de l’infidélité et de l’entêtement

Faire la cour à une veuve de surcroit sous le toit de son défunt mari, c’est risquer gros. Bakary en a eu pour son compte. Cette histoire se passe dans un village d’une commune. Bakary, un homme marié qui décide de draguer la veuve de feu Doulaye alors qu’ils sont du même village. Natogoma, identifions ainsi la veuve, a perdu son mari depuis plusieurs années. Déjà vieille, selon les enfants de Natogoma, ils demandent aux frères et sœurs de leur défunt papa d’accorder à leur maman de vivre sous le toit du défunt. Car eux, dont la plupart se sont aussi déjà mariés (garçons comme filles) ne veulent plus voir leur maman « souffrir » avec un autre homme. Elle (Natogoma) peut s’occuper de ses petits-enfants dans la cour de son défunt mari. Requête que les parents du défunt ne refusent pas.

L’harmonie règne dans la famille et Natogoma fait son petit commerce de condiments devant la porte. De temps à autre, elle fait un tour dans un cabaret à quelques jets de pierre de la cour familiale. Bakary fréquente le même cabaret. Les deux amoureux ne tardent donc pas à nouer une relation d’amitié, sinon d’intimité. « L’habitude est une seconde nature », dit-on. C’est ainsi que Bakary s’arroge le privilège de rendre visite à sa Natogoma au domicile de son défunt mari. Si au début tout marchait bien, leurs relations n’ont pas tardé à prendre un coup. Car les comportements de Bakary n’ont pas été du goût des enfants de la veuve.

Chaque fois que Natogoma rentre du cabaret, Bakary la rejoint chez elle pour soi-disant causer. Causeries qu’ils n’animent plus dehors, mais dans la chambre de Doulaye, le défunt mari. Chose que les enfants n’ont pas tardé à dénoncer tout d’abord en essayant de raisonner leur maman. Cette dernière menace de maudire les enfants si toutefois ils ne se retirent pas de sa vie privée. Comme les pratiques odieuses continuent, même au su et au vu de tout le voisinage, les enfants décident d’attirer l’attention des frères et sœurs de leur papa.

Ceux-ci se retrouvent pour trouver une solution au problème posé par les enfants. D’abord un émissaire est commis vers Bakary pour le rappeler à l’ordre. Comme dit un adage, « deux choses qui s’habituent, sont difficiles à séparer ». Bakary fait la sourde oreille et persiste. Alors une décision est prise pour le corriger. Une nuit aux environs de minuit, les oncles des enfants surprennent les deux « amoureux » dans la chambre du défunt Doulaye. Bakary est sommé de quitter la chambre à poils sous peine d’être lynché. Contraint, il sort nu. Pire on délègue les enfants pour l’obliger à aller jusqu’à chez lui afin que son épouse soit témoin des faits.

Avec des fouets, les enfants ont pourchassé Bakary qui a traversé tout le village nu pour taper avec insistance à sa porte où son épouse ouvre et découvre son mari en tenue d’Adam. Avant d’arriver chez lui, le groupe d’enfants s’est agrandi avec les aboiements de chiens qui ont attiré les riverains malgré la nuit noire.

C’est pourquoi, il faut éviter de faire la tête dure face à toute épreuve. Depuis ce jour, Bakary est devenu la risée de tout le village.  Une leçon à prendre toi qui vient de lire cette histoire.

Siaka SANON

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