Fait divers: Séni emporte deux sacs de riz et reste introuvable

Dans sa rubrique du jour, BBZ nous parle d’une escroquerie aussi simple qu’efficace. Dans cette situation, Issa le boutiquier du quartier a été piégé par un individu se faisant passer pour un client. Un stratagème bien rodé qui lui a permis de repartir avec plusieurs sacs de riz sans débourser le moindre franc.

Les faits se déroulent dans une boutique de la place. Séni, jeune entrepreneur, s’y présente et manifeste son intention d’acheter deux sacs de riz. Mais très vite, il explique à Issa le boutiquier ne pas avoir d’argent sur lui. Séni propose alors de prendre un premier sac, de rentrer chercher la somme puis revenir régler la facture et récupérer le second. Malgré quelques réticences, Issa le boutiquier finit par accepter, mieux, il décide d’accompagner lui-même le client pour la livraison du premier sac. Marché conclu, les deux hommes quittent ainsi la boutique à moto avec la marchandise. Mais en cours de route, Séni le supposé client simule une panne de carburant. Il demande alors au boutiquier de patienter, le temps pour lui d’aller chercher de l’essence. Lequel boutiquier descend de la moto, s’assied sur le sac de riz en attendant le retour de son inconnu dans sa manigance qui va se révéler être une diversion. S’assurant que son piège était prêt, Séni retourne discrètement à la boutique et abuse de la confiance des enfants du boutiquier. Il leur fait croire que leur père l’a envoyé récupérer les deux sacs de riz restants. Sans se méfier, les enfants lui remettent la marchandise et le fautif disparait aussitôt. Pendant ce temps, le boutiquier abandonné sur place finit par s’impatienter. Après une longue attente, il décide de regagner sa boutique à bord d’un taxi avec son sac de riz.

A son arrivée, encore énervé, il lance visiblement agassé : « Tu crois que je suis bête ? Tu ne me connais pas encore. Moi on ne m’escroque pas dèh. Tu peux faire ça ailleurs mais pas avec moi ». A peine terminé que les enfants ont réagi en ces termes : « Papa, il est revenu prendre deux sacs, tu n’es pas au courant ? » Pris de cours, Issa tombe des nues et s’affale sur ses sacs comme s’il craignait qu’il ne prenne encore la fuite. Lui qui jurait pourtant qu’on ne pouvait pas l’escroquer, s’incline finalement devant « le professionnalisme » de l’inconnu. Une reconnaissance inattendue, mais qui en dit long sur la leçon apprise. Je cite : « en affaire, la confiance est permise mais la vigilance reste indispensable, car ici, il aurait fallu s’assoir sur ses propres sacs pour finalement comprendre qu’ils ne tiennent pas tous seuls, ni à l’abri des malins ».

BBZ