Vente d’oranges sur charrettes : le pari gagnant de jeunes Bobolais

À Bobo-Dioulasso, rares sont les rues où l’on ne croise pas ces jeunes qui vendent des oranges dans les charrettes. Que ce soit aux feux tricolores, à côté des stations d’essence, sous les arbres et même au soleil. Ces jeunes qui parcourent la ville ont attiré notre attention. C’est pourquoi nous sommes allés à leur rencontre, le matin du 22 juillet 2026, pour comprendre leur itinéraire dans la quête de leur pain quotidien.

 

Chaque jour, des vendeurs parcourent les quartiers pour vendre des fruits frais aux habitants. Pour aller à leur rencontre, notre quête d’information s’est orientée au marché de fruits et légumes de Bobo-Dioulasso. Là, se trouve un entrepôt d’orange où des vendeurs, hommes comme femmes, se bousculent pour se ravitailler et commencer la vente. Sur place, le premier vendeur d’orange rencontré venait juste de finir de charger sa charrette. Il se nomme Moumouni Borro. A la question de savoir pour combien d’orange il vient de payer, il répond : « Je viens de prendre pour 10. 000FCFA ».  Il laisse entendre qu’il pratique cette activité depuis quelques années.  « Je vends des oranges sur une charrette depuis trois ans. Chaque matin, je pars très tôt pour acheter mes fruits avant de parcourir les quartiers de Bobo-Dioulasso. Si les ventes sont bonnes, je peux avoir 4000 FCFA ou 5000 FCFA de bénéfice. Mais certains jours, je rentre avec une partie de ma marchandise et les fruits finissent par se gâter. Avec ce commerce, je peux subvenir aux besoins de ma famille. Je continue ce métier avec courage et dévotion », confie-t-il. Malgré les nombreuses difficultés, les vendeurs d’oranges sur charrettes continuent de jouer un rôle important dans l’approvisionnement des populations en fruits frais et en jus.

 

Le commerce d’orange, bien plus qu’un moyen de survivre

Toujours à la rencontre de ces vendeurs d’orange, nous avons aperçu Louis Borro sous un flamboyant au bord du goudron. Lorsque nous nous sommes approchés de lui, il était en train de presser des oranges pour en faire du jus. Il confie que cette vente lui permet de prendre soin de sa famille. « La vente d’oranges sur ma charrette est mon unique source de revenus. Chaque jour, je parcours plusieurs quartiers pour trouver des clients. La concurrence est de plus en plus forte et les bénéfices ont diminué. Malgré cela, je continue ce travail parce qu’il me permet de subvenir aux dépenses de ma famille et la scolarité de mes enfants. Les clients négocient beaucoup les prix. Malgré tout, je fais de mon mieux pour proposer des oranges fraîches et de bonne qualité », affirme-t-il avec fierté.

Juste à 50 mètres de la grande porte du marché de fruits et légumes, cet autre vendeur, Harouna Ouédraogo, nous explique son itinéraire. « Chaque matin je vais me ravitailler en orange au marché de fruits et légumes. Je commence à vendre en chemin avant de venir m’installer dans mon lieu de vente au niveau du feu tricolore à côté de la station total d’Accart-ville. J’ai une machine à presser qui me permet d’extraire le jus d’orange. Je vends le bidon (33 cl : ndlr) de jus à 500 FCFA. Les oranges, quant à elles, je vends les petites de quatre à 500 F CFA et les grosses cinq à 500 FCFA. Il y’a des jours où les ventes sont excellentes, mais des fois c’est très difficile. Quand les oranges restent plusieurs jours sans être vendues, elles commencent à s’abîmer. Mon souhait est d’avoir plus de clients pour mieux vivre de cette activité », a souhaité Harouna Ouédraogo.

Après avoir échangé avec eux, tous souhaitent un appui financier afin d’acheter les oranges en grande quantité à un meilleur prix. Ils souhaitent aussi bénéficier d’espaces de vente bien aménagés et d’une meilleure organisation du commerce ambulant. « Cela me permettra d’augmenter mes revenus, de limiter les pertes et d’offrir des fruits de qualité aux consommateurs », a souligné Moumouni Borro.

Gnouma SANOU (stagiaire)

Rose KORO (stagiaire)