Flora Lankoandé, tisseuse à Fada : « On n’arrive plus à offrir du travail à toutes les femmes »

Lankoandé/Lankoandé P. Flora, mère de 8 enfants évolue dans plusieurs domaines dont le principal est la confection du Faso Danfani. Formatrice endogène et fondatrice de l’Association la grâce du Gulmu (AGG) implantée à Fada N’Gourma, cette princesse de Thion, une localité située à trente-cinq kilomètres de Bogandé est l’invité de notre rubrique de la semaine et elle nous raconte son parcours.

Qui est Flora Lankoandé ?

 

Lankoandé née Lankoandé P. Flora, je suis entre Fada NGourma et Bogandé, mais je suis basée à Fada car l’entreprise y est. Formatrice endogène, je suis dans le bureau des femmes de l’Union des artisans du Gulmu. Je suis aussi membre-fondatrice du CABES. J’ai le niveau 4ème et j’ai suivis plein de formation telles que le marketing, le tissage, la teinture, la gestion avec plus de 20 attestations.

 

Comment êtes-vous arrivée dans le domaine du tissage?

Ça n’a pas été facile puisque après mon certificat d’étude primaire et mon entrée en sixième, il n’y avait pas de lycée ou CEG dans mon village, donc les parents ont voulu que j’abandonne l’école. Je me suis mariée en 1979. En son temps, il n’y avait pas d’activité si ce n’est pas vendre du gâteau dans les lycées. C’est d’ailleurs ce que ma maman aussi faisait car mon papa était un ancien combattant. En 1982 quand mon mari a été affecté à Bogandé, j’ai commencé à vendre des fournitures scolaires sur une petite table et je faisais à coté des gâteaux. J’avais repris même les cours que j’ai dû abandonner après l’affectation. Tout est parti dans les années 1980 par la nomination de mon mari en tant que Haut-commissaire à Fada N’Gourma, en ce moment il fallait porter le Faso Danfani. Chaque fois il m’envoyait payer les pagnes. Donc je me suis demandé pourquoi ne pas apprendre l’activité. J’ai pratiquement appris sur le tas car il n’y avait pas des structures de formation. Quand j’ai commencé à maitriser le travail, je l’ai dit à mon mari. Un soir, j’ai vu un véhicule venir déposer un métier de la part de mon mari en 1987. J’ai eu l’aide de quelques personnes. Quand j’ai confectionné mes habits et monsieur a porté, les gens ont aimé et  commandé. J’ai eu pas mal de commande surtout avec les troupes de danse. Monsieur aussi m’a beaucoup aidé car étant au Haut-commissariat, s’il entend parler d’un projet seulement, il dit d’inscrire mon nom.

“Actuellement nous sommes à peu près 625 et quelques, toutes des tisseuses”

En quelle année l’association a été créée ?

 

Pour l’association je peux dire en 1989. Puisque y’avait d’autres femmes qui commençaient à s’y intéresser il fallait l’agrandir. Ça a commencé par un petit groupement, il y’a eu aussi d’autres petits groupes qui sont nées à la base de ce groupement car moi personnellement je changeais de bureau tous les deux ans tout en supervisionnant afin que d’autres femmes puissent se perfectionner et prendre elle aussi leur envole. Étant la fondatrice je donnais la présidence à d’autres femmes afin qu’elles s’améliorent. Ainsi on a eu à près 4 à 5 groupements par là. Mais pour l’entreprise je suis toujours là responsable. Actuellement nous sommes à peu près six cent vingt-cinq et quelques, toutes des tisseuses.

 

Comment se fait l’écoulement des produits et quel est votre plus gros marché ?

 

Actuellement, avec le projet mois de TIC, surtout les grands métiers c’est sur commande. Mais maintenant avec les petits métiers et le fait que nous sommes assez connu dans le domaine, on a pas mal de commande des services, des églises et aussi on participe à certaines manifestations comme les foires. Mais dans tous les cas nous arrivons à écouler tous nos produits. Notre plus gros marché c’est pendant le 11-Décembre, le 8-Mars et  surtout les services comme je l’ai déjà dit.

 

Quelles sont vos ambitions pour 2021 et les années à venir ?

Nos ambitions, c’est  d’agrandir le plus l’activité, parce actuellement à Fada avec les déplacés vraiment on n’arrive pas à satisfaire toutes les femmes en leur offrant du travail. Pour notre centre à Fada nous avons deux parcelles jumelles, une pour les grands métiers et l’autre pour les petits métiers. Nous avons pris beaucoup de ses femmes mais avant de les engagées elles doivent montrer ce qu’elles savent faire au cas où une formation serait nécessaire afin qu’elles puissent être intégrés. Ainsi le manque d’espace rend assez difficile le suivie surtout pour celles qui sont obligés de rester chez elles. Et aussi les problèmes d’écoulement des eaux en saison de pluie associés à la peur que la maison ou le lieu de travail ne s’écroule retardent parfois les commandes. Si on pouvait trouver un meilleur endroit pour qu’elles puissent travailler cela nous rendra vraiment service.

 

Quelles difficultés rencontrez-vous dans vos activités ?

 

Oui. Nous rencontrons des difficultés surtout avec les grands métiers car on manque de personnel de ce côté-là. C’est juste quelques femmes qui sont intéressés. Dans le temps vers chez nous, c’était surtout les hommes qui tissaient. De ce faite quand j’ai décidé de m’y mettre les parents s’y sont opposés surtout parce que j’étais une princesse et qu’on n’a jamais vue ni un prince ni une princesse le faire. Mais étant une femme j’ai pu continuer à le faire surtout que je n’étais pas à côté d’eux.

Aïcha TRAORE

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