Hausse du prix du gasoil : les transporteurs entre inquiétudes et résignation à Bobo

 

Depuis la décision gouvernementale du samedi 9 août 2026, le prix du litre de gasoil est passé de 675 à 750 F CFA, soit une hausse de 75 F CFA. Les transporteurs de Bobo-Dioulasso doivent composer avec une nouvelle augmentation de leurs charges. Dans les gares routières comme sur les principaux axes de la ville, chauffeurs et responsables de gare redoutent les répercussions sur leurs activités et sur le coût du transport.

 

À Bobo-Dioulasso, le mardi 11 août 2026, le prix du gasoil est au centre des conversations chez les transporteurs. Dans les gares routières, les chauffeurs calculent déjà les nouvelles dépenses auxquelles ils devront faire face. Le litre qui coûtait auparavant 675 F CFA est désormais vendu à 750 F CFA, soit une augmentation de 75 F CFA. Une hausse qui, à première vue, peut paraître limitée, mais qui prend une autre dimension lorsqu’elle est multipliée par les dizaines de litres consommés quotidiennement par les véhicules de transport en commun.

Pour Bakary Koné, chauffeur d’un véhicule de transport en commun de Faso Nafa, cette augmentation vient compliquer davantage le quotidien des professionnels du transport. « Cette augmentation du prix du gasoil va forcément avoir des conséquences sur notre travail. Nous consommons beaucoup de carburant au cours de la journée. Avant 20000 F CFA de gasoil correspondait à 10 litres ; avec les 75 francs supplémentaires sur chaque litre on a que 7 litres avec 20000 FCFA donc 3 litres en moins », explique-t-il. Le chauffeur doit désormais composer avec une équation difficile : continuer à assurer le service aux mêmes tarifs tout en supportant une hausse de ses charges. « Si nous augmentons le prix du transport, les clients ne seront certainement pas contents. Mais si nous ne faisons rien, c’est notre bénéfice qui diminue », poursuit Bakary Koné.

 

À la gare, l’inquiétude gagne du terrain

 

À la gare Barro et frères, au secteur 9 de Bobo-Dioulasso, la question du carburant est également suivie de près. Sami Kambiré, chef de la gare Barro et frères, constate que cette augmentation risque de peser sur les activités des transporteurs. « Le carburant est l’une des principales charges dans le transport. Quand son prix augmente, cela se ressent forcément sur les dépenses des chauffeurs. Il faut maintenant voir comment les transporteurs vont s’adapter à cette nouvelle situation. Nous ferons une réunion dans les jours à venir pour discuter du nouveau prix du transport », souligne-t-il. Pour le responsable de gare, l’enjeu dépasse les seuls chauffeurs. Une hausse durable des charges peut avoir des conséquences sur l’ensemble de la chaîne du transport. Les véhicules doivent continuer à circuler, les passagers doivent pouvoir se déplacer et les marchandises doivent être acheminées. Mais chaque déplacement nécessite désormais un budget de carburant plus important.

 

« Nous allons donc devoir faire avec »

 

Chez les chauffeurs, le sentiment oscille entre inquiétude et résignation. Boubacar Traoré, chauffeur d’un véhicule de transport en commun à la gare Houcee, estime que les professionnels n’ont pas véritablement le choix. « Le gasoil est indispensable pour notre travail. Même si le prix augmente, nous sommes obligés d’en acheter pour pouvoir travailler. Nous allons donc devoir faire avec cette nouvelle situation », confie-t-il. Pour lui, le plus difficile sera de parvenir à absorber cette hausse sans pénaliser davantage les passagers. « Nos clients ont aussi leurs difficultés. Beaucoup prennent le transport chaque jour pour aller travailler ou faire leurs activités. Si le prix du transport augmente, cela va également les affecter », ajoute-t-il. Pour un véhicule qui consomme régulièrement plusieurs dizaines de litres, cette différence peut rapidement alourdir les dépenses quotidiennes. À Bobo-Dioulasso, les transporteurs restent donc attentifs à l’évolution de la situation. Dans les gares comme sur les routes, chacun cherche déjà comment s’adapter.

La hausse de 75 F CFA du litre de gasoil, entrée en vigueur avec le passage de 675 à 750 F CFA, place ainsi les acteurs du transport face à un nouveau défi : absorber l’augmentation des charges sans fragiliser davantage le pouvoir d’achat des usagers. À la gare Barro et frères, Faso Nafa ou Houcee comme dans les autres points de transport de la ville, les discussions se poursuivent. Une chose semble cependant faire consensus : le moindre franc compte désormais dans les comptes des transporteurs.

Rose KORO

Gnouma SANOU

 (Stagiaires)