Le nombre d’accompagnants par patient au sein de l’hôpital Souro Sanou de Bobo-Dioulasso dépasse très souvent deux personnes. Pour constater ce phénomène et s’imprégner en même temps des mesures que les services compétents vont mettre en place pour y faire face, une équipe de L’Express du Faso était à l’hôpital Souro Sanou, hier 2 juillet 2025.
Dans la matinée de ce 2 juillet 2025, il est un peu moins de 10h lorsque nous arrivons au Centre hospitalier universitaire Souro Sanou (CHSS) de Bobo-Dioulasso. Déjà, c’est une entrée principale encombrée aux abords qui nous accueille. Des petits commerces sont installés çà et là, tout le long de l’allée principale qui mène vers le portail de l’hôpital. Certains parkings installés ne facilitent pas non plus notre mobilité. À l’intérieur, un afflux d’accompagnants de patients. Dans plusieurs allées de hôpital, se trouvent un nombre important de personnes venues pour la seule raison de rendre visite ou d’accompagner leurs malades. Une situation qui n’est pas sans conséquences aussi bien pour ces accompagnants que pour leurs patients. Issa Sangaré, Directeur des services généraux et de la logistique de l’hôpital Souro Sanou, ne nie pas les faits. Il dit que « normalement, il doit y avoir moins d’accompagnants auprès des malades pour permettre aux agents de santé de travailler dans la sérénité. Quand des gens rentrent, ils ne sortent plus. Si vous regardez tout ce beau monde-là, beaucoup n’ont pas de raisons d’être à l’hôpital à cette heure. À la limite, deux accompagnants par patient est tolérable. Un pour l’assister et l’autre pour des éventuelles courses. Malheureusement, il y a des patients qui sont accompagnés souvent par dix personnes. C’est exagéré », déplore-t-il.
Malgré la sensibilisation, le phénomène persiste
Le Directeur des services généraux et de la logistique dit avoir déjà entrepris des démarches de sensibilisation, mais la situation reste stagnante. « J’ai personnellement fait le tour de l’hôpital pour sensibiliser; en leur disant que ce n’est pas parce que vous êtes nombreux que vous allez être plus efficaces. Je leur dis souvent de laisser deux accompagnants et se relayer au fur et à mesure », préconise-t-il.
Des mesures seront prises
Selon Issa Sangaré, « nous allons réguler l’entrée de l’hôpital en prévoyant des badges pour les visiteurs et même pour le personnel. En ce moment, l’hôpital a plusieurs entrées donc il va falloir mettre des vigiles à ces différentes portes avec les badges. Cela va permettre d’identifier déjà les agents. Actuellement, nous sommes à plus de 1000 agents. Donc avec les badges, on va pouvoir s’identifier entre nous et permettre ainsi aux vigiles de filtrer les entrées. En ce qui concerne les visiteurs, on va leur trouver des badges également, que ce soit au niveau de l’administration que pour rendre visite à un malade. Cela va permettre de réguler le flux pour que les gens qui n’ont pas le droit d’entrer à l’hôpital ne puissent pas y avoir accès. Nous allons réorganiser les vigiles pour qu’ils informent les visiteurs à la fin des heures de visite et les informer de la prochaine heure de visite pour ceux qui voudront revenir après ». Il ajoute que « nous allons sensibiliser la population pour lui faire comprendre qu’après les heures de visite, ceux qui ne sont pas autorisés à rester auprès des malades doivent sortir de l’hôpital. Cela va se faire à travers une campagne de sensibilisation et de communication pour convaincre les gens « , conclut-il.
Ben Alassane DAO
Sakinatou Traoré (Stagiaire)
