Ils vont passer tout le temps à faire la politique dans ce pays

L’Assemblée nationale, en République démocratique du Congo a finalement eu la tête du Premier ministre issu des rangs de l’ancien président Joseph Kabila. Ce qui apparaît comme une victoire du camp présidentiel sur celui de l’ancien président. Cela est d’autant plus vrai que n’eut été le ralliement des députés du Front commun pour le Congo, coalition du président Joseph Kabila, cette destitution n’aurait pas été possible. Si tout porte à croire que le président en poste, Étienne Tshisekedi est en train de réussir la composition d’une nouvelle majorité acquise à son pouvoir, il n’en demeure pas moins que la République démocratique du Congo est partie pour une longue période politique. Pour ne pas dire une instabilité politique comme ce pays, immensément riche en ressources du sol l’a toujours connu.

En effet, la République démocratique du Congo semble être un véritable terrain politique et économique pour des pays occidentaux. Malheureusement, c’est avec la complicité de la classe politique de ce pays qui, apparemment est plus encline aux combats politiques qu’à la proposition d’actions véritables de développement. Politiquement, ce vaste pays d’Afrique centrale aux ressources minières énormes n’a jamais connu de période politique stable. Le Congo belge que s’appelait le pays est indépendant le 30 juin 1960 avec Joseph Kasa-Vubu, Président et Patrice Lumumba, Premier ministre.

Dans l’armée du nouvel État indépendant, les blancs gardent le pouvoir. La radio accuse alors les anciens colons de complot contre le nouvel État, ce qui provoque la colère des soldats bangalas et balubas qui se mettent à persécuter la communauté blanche. La Belgique menace alors d’intervenir militairement.

Le 11 juillet 1960, les dignitaires du Katanga, sous la direction de Kapenda Tshombé Moïse et à l’instigation de quelques colons belges, proclament l’indépendance de l’État du Katanga, en état de sécession depuis juin. Les autorités du Katanga créent alors leur propre monnaie et leur propre police. L’ONU propose sa médiation et Lumumba sollicite la venue des casques bleus.

Le 20 aout 1960, fait sécession le Sud-Kasaï, qui avait également proclamé son indépendance avant l’indépendance du reste du Congo, le 14 juin 1960. Ainsi, le gouvernement central perd ses deux provinces minières. L’ONU ordonne à la Belgique de retirer ses troupes, mais, après plusieurs résolutions contradictoires, rejette l’option militaire et qualifie le conflit au Katanga de « conflit intérieur ». Le 12 aout, la Belgique signe un accord avec Tshombé, reconnaissant de facto l’indépendance du Katanga. Alors que Lumumba décide de réagir en envoyant des troupes reprendre la région, l’ONU revient sur sa position initiale et impose militairement un cessez-le-feu, empêchant l’entrée des troupes congolaises. Dans un télégramme en date du 26 aout, le directeur de la CIA Allen Dulles indique à ses agents à Léopoldville au sujet de Lumumba : « Nous avons décidé que son éloignement est notre objectif le plus important et que, dans les circonstances actuelles, il mérite grande priorité dans notre action secrète ».

Le 2 septembre 1960, le Premier ministre Lumumba appelle alors l’Union soviétique à l’aide. La lutte s’ouvre entre Joseph Kasa-Vubu et Lumumba. Les soldats balubas et bangalas n’étant pas représentés dans le gouvernement, ils commettent alors un coup d’État, et renversent le Premier ministre.

Au sein de l’armée, devenue complètement africaine, le général Mobutu Sese Seko prend les rênes et installe un gouvernement de commissaires. Mobutu est bientôt soutenu par les États-Unis, qui voient d’un mauvais œil le socialisme de Lumumba. Le 17 janvier 1961, Lumumba est assassiné. Depuis, le pays tangue. Jusqu’à quand encore ?

Dabaoué Audrianne KANI

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