Interdiction des hautes cultures en milieu urbain : la mesure de plus en plus respectée par les Bobolais

À Bobo-Dioulasso, les autorités municipales ont pris une mesure interdisant la pratique de hautes cultures dans la ville. Une équipe de L’Express du Faso a effectué un constat, le 1er juillet 2026 pour voir l’effectivité de la mesure.

 

Chaque année, l’arrivée de la saison des pluies amène une série de complications que l’administration doit gérer dans l’espace communal. Pour assurer la sécurité des habitants face aux intempéries, la municipalité multiplie les messages et les séances d’information au cours des mois qui précèdent la période de l’hivernage. L’objectif de cette démarche consiste à observer la nature des végétaux que les citoyens font pousser la ville, afin de vérifier si les directives de l’autorité reçoivent une application.

Le constat de ce jour montre un changement dans leshabitudes des personnes qui résident dans les quartiers àforte densité. Les citoyens choisissent désormais d’abandonner la prod uction de ces cultures hautes pour se conformer aux règles de la municipalité. Sur les terres qui bordent les habitations, l’on observe maintenant des cultures qui restent au niveau dusol comme l’arachide, le haricot, le gombo ou encorel’oseille. Ces types de cultures au ras de terre permettent de dégager la vue dans le voisinage, ce quicontribue à empêcher la formation de zones d’ombre où peuvent se cacher des malfaiteurs.

Lapopulation démontre par ce geste une volonté de travailler en synergie avec la municipalité pour le développement de la ville et pour la protection despersonnes qui partagent cet espace de vie. Cette forme decoopération entre l’administration et la population apporte une aide dans la lutte contre le banditisme dans les quartiers. En choisissant des cultures au ras du sol, la communauté participe au maintien de l’ordre et à la réduction des risques d’agression pendant la période des pluies.

Il convient de rappeler que les responsables de la commune avaient publié une interdiction par communiqué il y a plusieurs années de cela. Ce document, qui ciblait la commune de Bobo-Dioulasso, interdisant de semer des céréales qui gagnent en hauteur dans le périmètre de la ville. À cette époque, une partie des habitants choisissait de ne pas respecter la décision et continuait de cultiver du maïs, du mil ou du sorgho sur les bouts de terre devant leurs concessions. Ces cultures posaient un problème pour la sécurité de la population car elles offraient des cachettes aux individus qui commettent des actes de banditisme, en plus de restreindre la visibilité sur les voies de circulation, pouvant causer des accidents.

Judicaël DOFINI