Kampti :le défi de l’autonomisation des femmes !

 

Invité au Forum des Femmes leaders organisé le 1er mars 2025 par l’Association pour la promotion féminine de Gaoua, Abdoul Karim Sango qui devait donner une communication, a plutôt reçu un enseignement. C’est ce qu’il traduit dans ces lignes qui suivent.

 

« J’ai été invité à participer à la 13ème édition du Forum des femmes leaders organisé du 28 février au 1er mars 2025 à Kampti par l’Association pour la promotion féminine de Gaoua (APFG). La députée Ini Inkouraba Youl /Damien qui en est la promotrice m’avait sollicité l’année dernière pour animer une conférence lors de la 12ème édition.  Pour des raisons d’agenda, c’est mon frère et ami Millogo Thierry de la libraire Mercury, éditeur de livres, qui m’avait représenté.

Quand j’ai reçu l’invitation pour cette année, j’ai répondu oui, sans même lire le courrier, alors que les dates coïncidaient avec la clôture du Fespaco.  Il me fallait donc réaménager mon programme pour quitter Ouaga et rejoindre Gaoua à 400 Km de Ouaga. J’ai appris à Kampti, chez les populations qu’on trouve dans cette partie du Burkina Faso, “ (Lobi, Birifor, Dagara, Gan), que “l’homme ne doit avoir qu’une seule parole”. Une valeur qui vaut du diamant aujourd’hui, tant elle est rare à trouver. En plus de ces ethnies, j’ai découvert l’existence d’autres peuples comme les Loron ou les Touni.

La conférence de cette édition a eu lieu à Kampti, ville située à environ 40 Km de Gaoua, et à environ 30 Km de la frontière avec la Côte d’Ivoire.

Le thème de l’édition était “Rôle des femmes, artisanes de la paix : quelles actions de mise en lumière ?”

Mobilisées en grand nombre, les femmes venues du Ghana, de la Côte d’Ivoire et de plusieurs autres villes du Burkina Faso ont partagé leur expérience de leadership dans le développement local à travers le concept de “jardin nutritif” qui leur assure une autonomie financière et garantit leur dignité. Pour la plupart, elles sont analphabètes, mais elles sont de véritables leaders cachés, transformatrices de leur société. Leur expérience doit essaimer sur le territoire national et ailleurs en Afrique. On peut faire de très grandes choses avec peu de moyens, c’est ce que l’APFG nous enseigne. L’accès à l’eau reste le principal défi pour toutes ces femmes.

Les femmes de l’APFG sont véritablement à l’avant-garde des nouvelles politiques publiques endogènes du compter sur soi. Cette association a un champ d’activités assez large qui regroupe la production agro pastorale, la formation aux métiers de couture, le tissage des pagnes, la transformation du beurre de Karité et des produits oléagineux, le micro-crédit. Les activités ont été financées principalement sur fonds propres.

Que pouvais-je encore leur apprendre ? C’est plutôt moi qui suis allé à une véritable école de l’agir et non du bavardage.

Je rêve de transposer cette expérience dans ma propre région avec le soutien de la directrice de l’APFG et son Staff à travers le partage d’expériences.

Je résume ma communication en ces lignes “ chères dames de l’APFG, votre expérience me conforte dans l’idée que si les femmes ont accès à une éducation de qualité, et sont impliquées au niveau stratégique dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques, les États ont beaucoup plus de chances de se développer. Majoritairement, vous n’avez pas eu la chance de partir à l’école, accordez cette chance à vos enfants en les éloignant du phénomène de l’orpaillage répandu dans votre région et ailleurs au Burkina Faso”.

NB: Dans un prochain post, je reviendrai sur l’orpaillage dans la zone