La Côte d’Ivoire et la Guinée inquiètent sérieusement

Même quand on ne veut pas y penser, quand on ne veut pas y croire, ces deux pays que sont la Côte d’Ivoire et la Guinée ne montrent pas des signes de sérénité dans l’organisation et la tenue effective des élections présidentielles qu’ils organisent. D’abord, les deux présidents briguent chacun un troisième mandat. Après la révision de la Constitution, ils estiment qu’ils sont à la conquête du premier mandat de la nouvelle République. Ce qui peut sous-entendre que si tout se passe bien, ils rempliront pur un deuxième mandat, synonyme de quatrième mandat. Si ce n’est pas une longévité ou tout simplement une confiscation du pouvoir, ça y ressemble.

Le comble est que les deux présidents conquérants du pouvoir, n’y mettent pas du tout la manière. L’exemple en Guinée est plus symptomatique. Le convoi de l’opposant et candidat Cellou Dalein Diallo a été empêché par les partisans du président de battre campagne dans le fief de ce dernier. Des affrontements entre partisans des deux camps ont fait des blessés. Si c’est cela la démocratie, gardez-là. Que le président en exercice, après deux mandats, n’ait pas pu sensibiliser et contenir ses partisans à tel point qu’on en est arrivé à des affrontements, c’est un échec cuisant. Que le candidat de l’opposition, régulièrement reconnu comme tel, ne puisse pas battre campagne dans tout le pays, non pas du fait de terrorisme ou d’insécurité liée à des groupes armés, mais à des partisans du président en exercice, Alpha condé devait s’excuser auprès des Guinéens. Car, certainement ce n’est pas ce qu’il leur a appris, pendant qu’il était dans l’opposition durant quarante ans, encore moins pendant ses deux mandats. Si la situation devait en rester là, les risques d’affrontements ne sont plus à craindre, mais il faut plutôt chercher à limiter les dégâts.

En Côte d’Ivoire, l’opposition n’est pas prête à aller à des élections dans les conditions que l’on sait. La Commission électorale indépendante, la Cour constitutionnelle et le troisième mandat d’Alassane Ouattara ne sont pas de son goût. Par conséquent, tant que ces institutions ne sont pas revues et corrigées, elle n’ira pas aux élections. Pour cela, elle veut user de tous les moyens légaux dont elle est capable pour barrer la route à ces élections. Mais sur ces questions, Alassane Ouattara et ses partisans ne veulent pas fléchir. Estimant sans doute que ce n’est pas au cours du jeu qu’on va changer les règles. Tout en oubliant qu’au départ, lui-même avait décidé de ne plus faire partie des acteurs. Ce qui a contraint l’opposition dans sa globalité à sortir au cours d’un meeting pour dire toute son indignation et son refus d’aller à cette parodie d’élections démocratiques.

Bref, malgré les appels à la sérénité, à la retenue, à l’apaisement et au calme, ce sont  plutôt les présidents au pouvoir et  leurs partisans qui mettent l’huile sur le feu. Le tout n’est pas de remporter l’élection, mais de gérer le pouvoir. Pour tous les Guinéens et dans la paix.

Dénis Dafranuis SANOU

 

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