Laboratoire d’Anthropologie Comparative, Engagée et Transnationale (LACET) : « La sécurité par le bas », nouvelle stratégie de lutte contre l’insécurité

« Sécurité par le bas : Perceptions et perspectives citoyennes des défis sécuritaires au Burkina Faso ». C’est le fruit de l’étude des chercheurs burkinabé et étrangers en anthropologie. Au nombre de huit (8), ils ont rendu publics les résultats de leur étude à travers une présentation le mardi 10 novembre 2020 à l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé(IRSS) de Bobo-Dioulasso.

Des participants fortement présents à la présentation de l’œuvre

Avoir une meilleure compréhension des réalités et perspectives des citoyens quant au défit sécuritaire a été le cheval de bataille des huit chercheurs, tous membres de Laboratoire d’Anthropologie Comparative, Engagée et Transnationale (LACET). Pour mieux orchestrer leurs recherches, treize communes du Burkina ont été sillonnées dans les régions du Centre, des Hauts Bassins, de la Boucle du Mouhoun, du Sud-ouest, du Sud-est et Nord. Il ressort des travaux de recherche que l’insécurité au Burkina Faso résulte des points saillants suivants : l’insécurité dans le Sahel, la criminalité transfrontalière, l’orpaillage, l’alcoolisme les stupéfiants, la justice et l’impunité. Pour les chercheurs, les initiatives citoyennes pour la sécurité des personnes et des biens sont entre autres, l’éducation familiale car c’est de là que tout commence ; la lutte contre la radicalisation ; la mobilisation des femmes et le changement de comportement.

Le professeur Ludovic Kibora expliquant les raisons des recherches qui ont conduit à la production de l’œuvre « La sécurité par le bas »

Ludovic Ouhonyioue KIBORA, anthropologue, directeur de l’Institut des sciences de la société et coordonnateur de LACET, explique en quoi les travaux de recherche ont consisté. Pour lui, « les travaux ont consisté à faire une recherche sur la sécurité au Burkina Faso par le bas. Lorsque nous avons travaillé sur les transformations sociopolitiques au Burkina Faso de 2014 à 2016, nous avons dit que l’un des problèmes majeurs du pays dans les années à venir serait la sécurité. Nous avions vue à l’époque ces transformations, bien qu’ayant porté sur des volontés positives, ont ébranlé quelque peu certaines assises de l’Etat. La fragilisation de l’Etat au sortir de cette situation, vous avez vu les groupes d’auto-défense qui ont commencé à occuper le terrain. Nous nous sommes dit qu’il faut que nous nous penchions sur la question de la sécurité et nous avons eu des financements pour mener à bout nos recherches qui ont été à l’échelle nationale. Nous ne sommes pas allées dans le sens des attaques seulement, nous sommes allés dans le sens des besoins que les populations ressentent en matière de sécurité et les problèmes qu’elles-mêmes proposent pour le retour de la quiétude», a-t-il expliqué.

Le professeur Sten Hagberg de l’université d’Uppsala en Suède lors de la présentation

Pour le professeur Sten Hagberg de l’Université d’Uppsala en Suède, l’un des chercheurs ayant travaillé sur le sujet et Directeur du LACET, les perspectives sont nombreuses pour venir à bout de l’insécurité. « Il faut repartir sur la base, établir la confiance entre les populations et les différents acteurs qui interviennent dans la commune pour le bien-être des populations. Le problème de clivage aussi se pose dans nos sociétés. Autrefois, l’étranger était vu comme le bienvenu mais de nos jours, on constate que des populations dégagent une méfiance vis-à-vis d’autres populations. Cela est un mal qu’il faut combattre. Au niveau politique, les acteurs doivent comprendre qu’un opposant n’est pas un ennemi mais un partenaire au développement, car tous œuvrent pour la bonne marche de la société », a-t-il affirmé.

L’ouvrage intitulé « Sécurité par le bas : Perceptions et perspectives citoyennes des défis sécuritaires au Burkina Faso » est disponible à l’Institut national des sciences de la société (INSS) à Ouagadougou au prix de cinq mille franc CFA.

Aymeric KANI

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