Dans le but de prendre le pouls du marché de la mangue en cette période, une équipe de L’Express du Faso s’est rendue au marché de fruits et légumes situé au secteur 09 de la ville de Bobo-Dioulasso. C’était le mardi 08 avril 2025.
Il est 10h20 minutes lorsque que nous arrivons au marché de fruits et légumes. L’on assiste assistons à un balai des camions de transport. Quelques vendeurs et vendeuses sont installés sur le côté droit de l’entrée principale du marché. Nous allons à leur contact afin connaître leurs conditions de travail et les difficultés qu’ils rencontrent. L’insécurité ainsi que la morosité du marché sont des problèmes souvent relevés par les commerçants. Pour Ami Traoré, vendeuse de mangues audit marché, « nos fournisseurs de mangues sont de Bobo, Orodara, Bérégadougou. Nous avons des mangues en vente en détail et également en gros. Nos cartons de mangue sont vendus à 5000 FCFA, 10000 FCFA et même 15000 FCFA, Tout dépend de la quantité. Nos clients viennent de Bobo, Ouagadougou, les petits villages dans les alentours de la ville de Bobo. Avant, on pouvait vendre beaucoup de cartons de mangues par jour, mais actuellement nous n’avons pas assez de clients à cause de l’insécurité que subissent ces petits villages. Nous n’arrivons pas à les fournir en mangues ce qui fait que le marché tourne au ralenti. En fin de compte, nous nous retrouvons avec des mangues pourries que nous sommes obligés de jeter. Cette insécurité joue sur notre marché ».
Kassoum Traoré lui est vendeur de mangues en gros au marché de fruits. Il nous confie également que le marché est morose. Pour lui, les difficultés rencontrées sont essentiellement liées à l’insécurité comme l’a souligné Ami Traoré. Il n’arrive plus à envoyer les marchandises là où se trouvent ses gros clients, se désole-t-il. « Nous avions par exemple des partenaires algériens, nigériens mais actuellement ils ne viennent plus car il n’y a pas de route. Nous travaillons aussi avec des unités de séchages, mais ces dernières rencontrent aussi des difficultés liées au manque de gaz pour le séchage. Cela joue sur notre marché ». Ce ne sont malheureusement les seules difficultés que rencontre Kassoum Traoré. « Nous avons aussi des difficultés liées au prix du transport qui a augmenté à cause de la hausse du prix du carburant ». Il lance un appel alors au gouvernement à revoir le prix du carburant à la baisse et à accorder également des financements à leur filière.
A un jet de pierre, des businesses se développent
A proximité des vendeurs de fruits, nous remarquons la présence de vendeurs de cartons à l’affût du moindre client. C’est le cas du jeune Ali qui nous explique son activité. « Nous achetons les cartons à 300 FCFA, les files à 100 FCFA puis faisons l’emballage à 100 FCFA aussi. Le bénéfice est très peu, mais nous nous débrouillons avec. L’argent que nous gagnons nous permet de subvenir à nos petits besoins », dit-il. Ces petits revendeurs se fournissent généralement auprès de grossistes présents sur le marché. C’est le cas du vieux Adama Mandé pour qui « les cartons sont un moyen privilégié pour le transport des mangues. Car, avec les cartons les mangues ne s’écrasent pas contrairement aux sacs ». Il explique également se ravitailler auprès d’usines qui leur revendent leur déchets d’emballage.
Laurencia COULIBALY/ stagiaire
Assita NAKANABO / stagiaire
