Mois de ramadan :“on ne peut pas jeûner sans avoir un bon comportement”

 

 

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Les fidèles musulmans du Burkina Faso sont en période de ramadan, un mois qui attire l’attention de plus d’une personne. Pour en savoir davantage sur le contenu de ce mois, une équipe de L’Express du Faso est allée interviewer Dr Amadou Sanogo, vice-président de la communauté musulmane et président de la LIFA, dans son bureau . Lisez !

 

Que signifie le mois de ramadan pour le musulman ?

Le mois de ramadan est un mois sacré pour les musulmans. C’est un mois par excellence où le Coran a été révélé. Le ramadan, ce n’est pas seulement pour les musulmans. Pendant ce mois, c’est la piété qui est recommandée où le musulman peut se rapprocher de Dieu. C’est également un mois de partage. Il faut dire que ce mois permet au musulman d’éviter beaucoup de mauvaises habitudes. Si les leçons sont bien comprises pendant les 30 jours, cela peut nous servir. Dieu nous a donné le ramadan, les retombés c’est nous qui en bénéficions.

 

Quelle est la conduite à tenir pour un jeûneur pour que son carême puisse être exhaussé ?

Il y a le comportement moral et matériel. C’est à dire que si quelqu’un jeûne, il doit s’abstenir de manger, boire, et avoir des relations sexuelles, sauf en cas de maladie grave. Pour moi, on ne peut pas jeûner sans avoir de bon comportement. C’est pourquoi, il faut avoir un bon comportement pendant que tu es en carême, sinon tu risques de t’assoiffer et te fatiguer pour rien. Un jeûneur doit s’abstenir à travers son moral, sa bouche, ses yeux, tout ce qui peut être considéré comme un  mauvais comportement.

 

Alors, pendant ce mois béni de ramadan, on constate qu’il y a la rareté de certains produits burkinabè comme le sucre et l’huile. En tant leader religieux, quel message avez-vous à faire passer ?

Nous l’avons effectivement constaté alors que ce sont des produits de grande consommation dans le pays. Cela peut être dû à des incompréhensions entre les différents acteurs. Pour cela, nous demandons à l’Etat, pour l’intérêt de tout le monde, de dégager des pistes de solutions à cet effet. Nous demandons aussi aux commerçants d’être regardants envers les musulmans, car c’est un mois de pénitence. Si les prix  des produits de consommation sont chers, cela devient un autre problème.

 

Pourquoi dit-on que le mois de ramadan est un mois de partage ?

Le prophète Mahomet nous a dit que celui qui donne, reçoit beaucoup de récompenses voire même le double de ce qu’il a donné. Le prophète faisait beaucoup de charité pendant ce mois. Nous devons suivre ses pas. Il nous ait demandé d’être généreux dans le mois de ramadan et de partager avec les autres. On doit sentir beaucoup plus la fraternité. C’est un mois où on ne doit pas remplir les tables avec la nourriture et faire des gaspillages alors que l’autre n’a même pas à manger. Nous devons arrêter cela. Nous devons faire pression sur nous-mêmes. Il faut penser aux autres car si l’on ne le fait pas, notre ramadan ne sera pas à la hauteur des attentes comme le recommande l’islam. J’ajoute que les gens doivent contrôler leur alimentation pendant ce mois pour éviter de tomber malades. Même des ONG peuvent rentrer dans la danse à l’aide des sensibilisations. Je pense que l’occasion est donné pendant le mois de ramadan.

 

Les fidèles chrétiens vont aussi débuter leur carême bientôt (ce mercredi 05 février : ndlr). Quel message de cohésion avez-vous à faire passer ?

Le jeûne est quelque chose de commun entre les religieux. Nous devons avoir de meilleurs comportements. C’est une coïncidence cette année, mais nous devons renforcer la solidarité pour que le jeûne nous soit bénéfique. Il faut vraiment cultiver la solidarité et faire des discours de paix et de cohésion sociale. Nous devons nous donner la main pour combattre le mal et encourager le bien.

 

Votre dernier mot à l’endroit de la communauté musulmane

La communauté musulmane représente un fort pourcentage au Burkina. Nous jouons un rôle de responsabilité pour que ce pays soit apaisé. La paix doit venir de chez nous. Il nous faut travailler beaucoup avec nos imams, les former pour faire changer les choses. Si nous pratiquons avec honnêteté ce que l’islam recommande, nous pouvons contribuer à faire de bonnes choses. J’insiste beaucoup sur la solidarité et l’entente. C’est comme cela que nous pouvons aller loin.

Interwiew réalisée par :

Ben Alassane DAO

Aymeric KANI