Orodara/assises criminelles: pour une affaire de photos, il machette à mort son tuteur

Le samedi 17 février 2024, le nommé O.D a été déclaré coupable des faits de meurtre par la chambre criminelle de la Cour d’Appel de Bobo-Dioulasso, lors des assises criminelles à Orodara. Il a été condamné à 11 ans de prison ferme.

O.D est cultivateur de profession, domicilié au secteur 4 de Orodara. Il n’a jamais fait l’objet de condamnation et jouit de toutes ses facultés mentales. Le 12 avril 2022, le mis en cause s’est rendu lui même à la brigade territoriale de gendarmerie de Orodara pour informer, après avoir commis un meurtre. Ce dernier explique aux gendarmes que le jour des faits, il est allé dans son champ d’anacarde. À son arrivée, il trouve qu’une personne l’a déjà devancé en train de ramasser les noix de cajou. De loin, il constate que l’individu a fait sortir son téléphone portable puis à commencé à le photographier. Il lui demande de supprimer immédiatement toutes les photos prises dans le champ. Chose que cet individu a refusé de faire. De surcroit, il prend une position de bagarre contre lui. C’est ainsi qu’une altercation est survenue entre les deux individus. Soudain, O.D fait usage de sa machette et lui donne plusieurs coups à la tête et d’autres parties du corps jusqu’à immobiliser la victime au sol. Grâce au concours des riverains, la victime sera transportée au Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Orodara où elle succombera à ses blessures quelques heures plus tard. Informé de la situation, le procureur du Faso près le tribunal de grande instance de Orodara a saisi le juge d’instruction pour l’ouverture d’une information judiciaire.
«Le champ appartient à mon père»
L’enquête a conduit à prendre un réquisitoire introductif pour la mise en examen de O.D. À la suite, le juge d’instruction a rendu une ordonnance de sa mise en accusation devant la chambre criminelle de Bobo. L’accusé a donc comparu à la barre ce samedi 17 février 2024 pour répondre des faits de meurtre. Dans sa défense, il n’a pas reconnu entièrement les faits. « Le champ appartient à mon père. C’est nous qui avons planté les anacardiers. Lorsque je suis allé le trouver dans le champ, il tenait aussi une machette et il m’a même menacé de mort. C’est pour me défendre que je lui ai porté ces coups de machette », a t-il déclaré à la barre. Le fils de la victime s’est constitué partie civile dans le dossier tout en réclamant une indemnisation à hauteur de 4 millions de F CFA. Au cours des débats, il a donné des éclaircissements sur les faits. «Le champ litigieux appartient à mon grand père depuis des années. Le père de l’accusé ici présent était l’ouvrier de mon grand père dans le champ. Sinon, il n’est pas propriétaire de ce champ», a-t-il expliqué devant la Cour.
Les insuffisances de la loi foncière
Pour le parquet, les faits de meurtre reprochés à l’accusé sont constitués. En l’espèce, il a requis qu’il soit déclaré coupable et condamné à une peine d’emprisonnement ferme de 11 ans. En outre, il demande la confiscation de la machette ayant servi à commettre l’infraction. L’avocat de la défense, tout en reconnaissant l’acte ignoble causé par son client, a néanmoins demandé la clémence du tribunal car la loi foncière a beaucoup d’insuffisances qu’il va falloir régler. Pour son argumentaire, l’affaire a déjà été portée aux autorités coutumières qui n’ont pas trop trouvé un terrain d’entente. Après les débats contradictoires, la Cour a livré le verdict. Elle l’a reconnu coupable et l’a condamné à 11 ans de prison ferme. Elle a aussi ordonné la confiscation de la machette et le paiement de 4 millions F CFA au titre des dommages et intérêts à la victime.
Ben Alassane DAO
Djibrilou DIALLO à Orodara