Un magistrat, un greffier en Chef et deux greffiers ont comparu devant le Pôle économique et financier du TGI de Bobo-Dioulasso, hier 06 octobre 2025. Le dossier a été renvoyé au 20 octobre 2025 pour faire comparaître les témoins.
Il s’agit de Sinaré Iliassa, Valéan Roland 2ème jumeau, Coulibaly Yaya et Moyenga Clément, tous des acteurs de la justice. À l’appel du dossier au rôle, le Parquet n’a pas trouvé d’inconvénient à ce que le dossier soit retenu pour être jugé. Le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC), s’est constitué partie civile. Il a demandé un renvoi du dossier en évoquant deux griefs essentiels. Premièrement, le REN-LAC demande de lui accorder un peu de temps pour mieux s’imprégner du dossier. Deuxièmement, la structure en charge de lutte anti-corruption souhaite que son avocat soit présent pour mieux défendre le dossier.
La parole a été donnée aux avocats des prévenus. Ces derniers n’ont pas été d’avis avec l’idée du renvoi du dossier. Mais ils ont réitéré leur demande de liberté provisoire en faveur de leurs clients. Pour le doyen des avocats de la défense, « nos clients sont en détention depuis juillet 2025. Ils ont passé 15 jours en garde-à-vue. Les délais de procédure pour les juger sont largement épuisés. Nous ne demandons pas un traitement de faveur pour nos clients parce qu’ils sont des acteurs judiciaires, mais nous voulons qu’ils soient traités au même pied d’égalité comme tous les citoyens burkinabè. Nous demandons tout simplement qu’ils soient mis en liberté provisoire en attendant le jour de la prochaine audience « . Le ministère public s’est opposé a une telle idée. Pour lui, il n’est pas question de leur accorder une quelconque liberté.
À la fin des débats, le tribunal a renvoyé le dossier au 20 octobre 2025 pour faire comparaître des témoins et d’autres victimes. Pour la liberté des prévenus, le tribunal a informé qu’il y a déjà eu une décision de liberté provisoire qui leur a été accordée antérieurement, mais qu’il y a eu appel de cette décision.
En rappel, les quatre personnes sont poursuivies courant juillet 2025 pour des faits présumés de stellionat, de corruption et complicité, faux et usage de faux relatifs à des parcelles à Ouagadougou. Leur mode opératoire consistait à identifier des parcelles attribuées ou non dans la ville de Ouagadougou pour ensuite établir des ordonnances judiciaires de validité de vente ou de mutation de propriété ou de certification de droits réels sur lesdites parcelles pour soit attribuer indûment des parcelles à des personnes qui n’y avaient pas droit soit pour procéder à la mutation de la propriété au profit d’autres personnes au préjudice du véritable attributaire.
Ben Alassane DAO
