Patricia Banao épouse Akpemado : «Pour que notre pays puisse se développer, nous n’avons pas d’autres choix que s’investir dans l’entrepreneuriat et de croire en la jeunesse »

Dans notre rubrique tribune de femme cette semaine, nous nous sommes intéressés à Patricia Djènèba Banao épouse Akpemado qui excelle dans l’agroalimentaire. Cette jeune ingénieure informaticienne de formation et mère de 2 enfants, est la promotrice de 3F (Faith-Abigaëlle Food Factory), une entreprise de production de pâte de maïs fermentée ” Donkounou Diman” et de farine de fufu ” Foutou Diman”, basée à Bobo-Dioulasso.

Le gros problème au Burkina, c’est le financement des jeunes

Patricia Banao/Akpemado, à l’exception de beaucoup de jeunes Burkinabè, ne voulait pas être une bureaucrate. Elle voulait se lancer dans une activité qui lui est propre. C’est la raison pour laquelle elle s’est lancée en un premier temps dans l’agroalimentaire. Elle a alors créé son entreprise de production de pâte de maïs fermentée et de farine de fufu. Pour la petite histoire, « j’étais allée dans un restaurant Togolais à Bobo-Dioulasso, parce que mon mari y est affecté. J’ai commandé le donkounou qui était de piètre qualité. Honnêtement et je n’en revenais pas. Je sais comment on prépare ça ! Donc, j’ai décidé de ne plus en payer dehors, je le fais à la maison. Entre temps sur les réseaux sociaux, particulièrement dans les groupes de “cuisine Burkinabè et d’ailleurs”, j’ai remarqué que beaucoup de gens souffraient pour faire la pâte de donkounou. Cela demandait un long processus. Je me suis dit, bon OK, comme moi je prépare à la maison pourquoi ne pas leur proposer ? Et voilà, c’est ainsi que je m’y suis lancée et le concept a pris. A part le gari qui est importé du Benin, les autres produits sont made in Burkina Faso », a laissé entendre dame Akpemado. A travers ce projet, madame Akpemado ambitionne aider dans un premier temps les femmes actives en leur facilitant la cuisine notamment la préparation du donkounou à la maison. Employant deux personnes, la jeune entrepreneure aimerait pouvoir créer sur 5 ans, 25 emplois permanents et une centaine d’emplois temporaires. Patricia Akpemado a également un rêve enfui dans son cœur, une expérience très dramatique en 2014. « Lorsque je suis allée pour accoucher de ma première fille, c’est elle qui s’appelle Faith Abigaëlle, le nom de l’entreprise, il y a eu un problème et l’enfant est décédé quelques jours après. Le problème c’était quoi ? On s’est retrouvé confronté au système de santé ici, aux défaillances en néonatologie. Il n y avait ni de couveuse, ni d’oxygène. Le cas même de mon enfant, ils n’ont pas écrit la cause du décès. On l’a emmené à Yalgado en surveillance parce que j’avais accouché en clinique et vraiment je suis sortie non seulement la douleur de la perte de l’enfant qui était là, et me rendre compte que le système de santé est aussi précaire», nous a-t-elle confié. Fort de ce vécu, madame Akpemado s’est «promis» de créer un centre néonatologie équipé ici au Burkina, le plus grand d’Afrique de l’ouest Francophone. La jeune ingénieure informaticienne est pleine d’initiatives. En plus de l’agroalimentaire, elle est associée-gérante de « Omega Auto Trading Ltd Burkina » qui est une société d’importation de véhicules depuis le Canada, dont le siège est au Canada à Vancouver. « Nous avons des bureaux en Afrique notamment au Bénin, au Togo, au Burkina et en Côte d’Ivoire. Je travaille beaucoup avec le bureau du Bénin, Nous importons également des voitures d’occasion, les machines pour les travaux de BTP entre autres», a ajouté la jeune dame.

Aïcha TRAORE

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