Quand les hommes politiques opposent les communautés

Vincent Dabilgou, le président du parti Nouveau temps pour la démocratie (NTD), ne pouvait pas dire publiquement les pressions qu’il a subies et qui l’ont contraint à repositionner les candidats sur les listes de son parti aux législatives. Créant ainsi des frustrations non seulement au sein de son parti (ce qui n’est pas très grave) mais surtout au sein des deux communautés bobo et mossi. Qui, n’en n’ont pas besoin. Les arguments de communauté minoritaire ne doivent pas venir de la bouche d’un homme politique qui dirige ou qui aspire à diriger. Est-ce à dire que les communautés minoritaires seront exclues de la gestion du pays ? En tout cas, si pour que les gens votent il faut forcément placer leur candidat en tête de liste, il faut avouer que là, la classe politique a échoué. Pire, en épousant les mêmes arguments et en fléchissant, ils contribuent à installer ce qui va nous emporter très prochainement. Comment une communauté dont le fils est écarté d’une compétition électorale pour des raisons de minorité peut-elle réagir ? Doit-elle se résigner et noter que tant qu’elle sera minoritaire elle ne sera pas aux affaires dans son pays et même chez elle ? Faut-il croire qu’Alain Sanou est victime de la minorité de son ethnie comme on veut le lui dire ? Heureusement que tout le monde ne pense pas de la même manière.

Le Burkina Faso a besoin d’hommes et de femmes capables d’impulser le développement. Les considérations ethnie minoritaire ou majoritaire ne doivent en aucun cas primer sur les compétences de ceux qui doivent présider aux destinées du pays. A moins qu’on ait choisir de ramener le pays par le bas. A la prochaine Assemblée nationale, tout comme à la présidence des conseils municipaux ne devraient être élus que des personnes qui ont un minimum de bagages intellectuels, engagées et suffisamment responsables. Malheureusement, ce ne sont pas ces personnes que les partis politiques sont entrain d’aligner sur les listes. En tout, le cas du NTD à Bobo (ci-dessus) est suffisamment patent. Il est de notoriété que tant que les chefs coutumiers et certains opérateurs économiques connus seront dans les arcanes de la politique, celle-ci ne sera jamais saine. Et c’est le Burkina Faso qui en pâtira.

Il ne faut pas avoir peur des mots et de dire les choses par leur nom, pendant qu’il est encore temps. Ce sont les hommes politiques qui sont entrain de rassembler tous les éléments qui vont contribuer demain à faire exploser la cohésion sociale. Pour ne dire qu’ils prônent le vote ethnique, ils parlent de communauté. Des éléments constitutifs d’une implosion sociale. Quand on va à des élections, c’est pour faire désigner ceux qui ont les capacités nécessaires pour gouverner un pays. Si l’objectif premier est de remporter des élections quelles que soient les conditions et les moyens à développer, il faut craindre le pire. Et il n’est pas loin avec la classe politique actuelle. A moins que les Burkinabè électeurs en décident autrement dans les urnes. Et ils en ont !es moyens.

Dabaoué Audrianne KANI

 

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