Réconciliation nationale : La feuille de route de Issaka Sourwèma

Pour l’auteur de ce point de vu, aucun « type de justice ne devrait être une fin en soi » si l’on veut aller à une véritable réconciliation nationale. La justice pénale ou justice transitionnelle/réparatrice ?

“Les magistrats ont d’ailleurs tout à gagner en conduisant les éventuels procès de façon professionnelle”

Pour l’ensemble des Burkinabè, la réconciliation nationale demeure une nécessité. Cependant, la principale discorde réside dans le choix de la forme de justice à adopter. La justice pénale ou la justice transitionnelle / réparatrice ? Laquelle serait convenable pour une réconciliation vraie et sincère ? Selon Issaka Sourwèma, les fervents défenseurs de la justice transitionnelle qui, pour la plupart, se recrutent dans les milieux proches de l’ancien président Blaise Compaoré, craignent en réalité que l’institution judiciaire soit utilisée contre eux à des fins de règlement de comptes. C’est une crainte bien compréhensible car en dépit de tout, le droit est généralement le reflet des rapports des forces dans l’arène sociale. En outre, les amateurs de la justice implacable contre les instigateurs, les complices de violence, sont des militants politiques plus au moins proches du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). À leurs yeux, ce serait la prime à l’impunité dont souffre déjà le pays.  Il sied de se battre en prenant l’opinion publique nationale et internationale à témoin, pour qu’en cas de procès, les choses soient faites dans les règles de l’art. Du reste, les magistrats ont d’ailleurs tout à gagner en conduisant les éventuels procès de façon professionnelle. Car ils font déjà l’objet de tirs croisés venant de toutes les composantes de l’opinion et dénonçant la gestion des dossiers judiciaires. Par ailleurs, le personnel judiciaire est quasiment le même que celui d’avant insurrection des 30 et 31 octobre 2014 et les contradictions qui ont traversé la société burkinabè, ont également «irradié» le corps de la magistrature. Ce qui peut influencer de façon non objective sur certaines décisions de justice.

Awa Cécile BANGARE

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