En préludes aux futures discussions avec la CEDEAO, les ministres des Affaires étrangères de la Confédération des Etats de l’AES, ont eu une convergence de vues sur l’approche globale des futures négociations avec la CEDEAO dans l’intérêt supérieur des populations. Sur la question, hier lundi 27 janvier 2025, nous avons recueillis les attentes de citoyens à Banfora, Bobo,….
Leila Korotimi Koté, journaliste
«On s’attend à de meilleure décision pour les populations»
«Quand on était dans la CEDEAO, il y avait la libre circulation des personnes et des biens dans tous les pays membres de l’organisation même si ce n’était pas exactement ce qui se passait sur le terrain. Si l’AES décide aujourd’hui de prendre langue avec la CEDEAO pour des négociations, cela ne peut qu’être inscrit dans l’intérêt des peuples. J’attends de ces négociations de meilleures conditions de libre circulation des personnes et de leurs biens. Quoi qu’on dise et fasse, l’intégration des peuples des deux organisations est une réalité. »
Abdoulaye Tienon, journaliste
«La CEDEAO peut permettre la libre circulation des personnes et des biens»
« Pour la sortie des pays de l’AES de la CEDEAO, ont peut s’attendre à beaucoup de choses, car le divorce fut en quelque sorte brutal et unilatéral. Si jusqu’à présent on parle toujours de négociations entre les pays de l’AES et la CEDEAO pour marquer définitivement le divorce, c’est pour voir comment il faut repartir « les biens », car il y a beaucoup de choses qu’ils partagent. Pour moi, la négociation va porter sur la libre circulation des personnes et des biens entre les deux organisations. C’est l’enjeu majeur de ce divorce à mon avis. Les pays, soit dans le cadre de l’AES ou individuellement, doivent avec la CEDEAO ou les pays membres avoir des accords bilatéraux pour permettre aux populations et leurs biens de circuler de façon libre et en toute sécurité. Pour cela, la CEDEAO peut jouer la balle de la réciprocité, car l’AES a déjà fait un communiqué dans lequel elle dit que son espace reste ouvert aux populations des Etats de la CEDEAO».
Blaise HIEN, coordination nationale de la veille citoyenne
«Nous n’avons plus rien à gagner avec la CEDEAO»
«Depuis l’avènement du MPSR 2, nous, en tant qu’OSC, avons fait une analyse profonde de la situation. Sur la question du retrait des pays membres de l’AES de la CEDEAO, c’est plutôt la CEDEAO qui doit chercher à négocier avec l’AES. Ce sont les politiciens qui se sont accaparés de la CEDEAO. Aujourd’hui, nous avons remarqué que l’institution CEDEAO est devenue infertile. Alors, il faut changer radicalement la position pour pouvoir attirer la fertilité. Nous ne voyons pas l’importance de s’asseoir pour discuter avec elle. Il n’y a rien de positif à avoir avec la CEDEAO, car nous pensons que nous n’avons plus rien à gagner avec elle. Donc pas de négociation».
Daouda Diallo, citoyen burkinabè
«La mise en place est terminée au niveau de l’AES»
«Les choses ont vraiment évolué au sein de L’AES. Ce à quoi on peut s’attendre, c’est d’annoncer purement et simplement le retrait du Mali, du Burkina et du Niger de l’espace de la CEDEAO. Au Burkina Faso, la toute dernière nomination de Bassolma Bazié confirme déjà que le Burkina, le Mali et le Niger ne pourront plus jamais revenir dans la CEDEAO pour des questions politiques et diplomatiques. À ce niveau, j’estime que la mise en place est terminée au niveau de l’AES, c’est le communiqué officiel que nous attendons ».
Clément Kaboré, citoyen de Banfora
«Nous autres panafricains n’avons pas à craindre»
«Il était normal et patriotique qu’ils se concertent pour se donner les termes de départ de la CEDEAO imbibée des influences de l’impérialisme occidental. Nous avons constaté qu’en plus des ministres des Affaires étrangères des pays de l’AES, Bassolma Bazié récemment nommé par le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, en qualité de Président national de la Confédération de l’AES Burkina Faso, était présent. Il maîtrise bien le dossier, avec lui, pour nous autres panafricains n’avons pas à craindre. La sortie de la CEDEAO est non négociable, c’est pourquoi je n’ai pas mentionné le terme négociation. À partir d’aujourd’hui 29 janvier 2025, nous sommes citoyens de l’Alliance des États du Sahel (AES) et nous l’arborons fièrement.
La Patrie ou la Mort, Nous Vaincrons ! »
Serge Coulibaly, promoteur culturel à Banfora
«Il est impérieux de privilégier des accords bilatéraux»
«L’objectif de notre nouvel espace géopolitique n’est pas de diviser, mais plutôt de s’affranchir du joug des colons sous toute forme. C’est pourquoi il est impérieux de privilégier des accords bilatéraux entre Etats voisins afin de mettre en œuvre une vraie intégration des peuples, dépourvue de toute forme d’ingérence occidentale. Les peuples frontaliers ont tellement de choses en commun que je ne vois d’autre issue pour les pays voisins qui sont encore dans la CEDEAO que d’accepter cette franche collaboration avec les États de l’AES. En tout cas, c’est mon souhait».
Nifabagnonon Igor, citoyen de Banfora
«Les dirigeants doivent privilégier les intérêts des peuples»
« Le retrait des pays de l’AES de la CEDEAO aura des répercussions profondes, non seulement pour les pays concernés, mais également pour l’ensemble de la région ouest-africaine. Une approche coopérative et des négociations seraient nécessaires pour limiter les impacts négatifs. Plusieurs aspects, je pense, seront mis sur la table de discussion ; discussion plus que nécessaire pour le bonheur des peuples. Les gouvernants doivent donc mettre en priorité les intérêts des peuples de la sous-région plutôt que leurs propres intérêts ou les intérêts de puissances impérialistes néo-colonialistes ».
Madjela Barro, présidente d’association
«On peut s’attendre à tout ! »
«La CEDEAO peut refuser tout comme accepter le retrait des trois pays, à savoir le Niger le Burkina Faso et le Mali pour créer la Confédération des états du Sahel. En tout cas, on peut s’attendre à tout ! »
Issiaka Ouédraogo, président du CISAG
«Cette décision reflète une volonté d’apaisement… »
Il est important de situer le contexte dans lequel cette négociation s’inscrit à savoir la tension régionale, d’où cette décision reflète une volonté d’apaisement dans un contexte marqué par des tensions entre l’Alliance des États du Sahel (AES) et la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Les différends récents, notamment en matière de gouvernance, de sécurité et de sanctions ont exacerbé les relations. L’AES pourrait percevoir la CEDEAO comme un acteur influençant leur souveraineté, d’où l’intérêt de négocier des modalités de retrait tout en préservant les relations diplomatiques. Le choix de négocier montre une approche pragmatique, ce qui indique que l’AES évite d’avoir une rupture brutale qui pourrait avoir des conséquences économiques et sécuritaires imprévisibles. L’AES pourrait redéfinir ses relations régionales de son retrait de la CEDEAO pour un réalignement stratégique des alliances avec un potentiel renforcement de la coopération entre elle et la CEDEAO. Du point de vue économique, la CEDEAO joue un rôle central dans l’intégration sous régionale, un retrait pourrait affecter les échanges commerciaux et les financements tant soit peu. Dans un contexte de lutte contre le terrorisme au Sahel, une telle décision pourrait compliquer la coordination des efforts régionaux si elle n’est pas bien gérée. La démarche entraînerait certainement des frictions ou des ajustements dans les relations avec d’autres partenaires, ce qui pourrait éventuellement donner une opportunité de redéfinir des priorités régionales dont l’AES pourrait utiliser pour promouvoir une vision alternative de la coopération régionale axée sur ses propres priorités. Il faudrait également que les pays de l’AES trouvent d’autres partenaires solides pour éviter un risque de marginalisation qui pourrait les isoler sur la scène internationale. En somme, cette décision peut être interprétée comme une réaffirmation de l’autonomie stratégique qui comporte des risques dont elle en est consciente. Enfin, une analyse approfondie des modalités et des conséquences de ce retrait sera essentielle pour évaluer son impact réel.
Adama Kaboré, éditorialiste, chroniqueur médias
«C’est l’AES qui va dicter la manière dont les choses vont se dérouler… »
Je ne crois pas qu’il y ait encore une négociation entre l’Alliance des États du Sahel (AES) et la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CÉDÉAO) qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. Ce sont des négociations de forme, et là, c’est l’AES qui va dicter la manière dont les choses vont se dérouler. Donc, il n’y a rien à attendre puisque les pays de l’AES ont clairement indiqué depuis le 29 janvier 2024, qu’il n’y a pas de retour possible au sein de l’organisation sous régionale qui s’est illustrée par son absence quand le Mali, le Burkina Faso et le Niger étaient en proie au terrorisme. En exemple, la CÉDÉAO a été incapable de mobiliser des ressources pour alimenter le mort-né, le défunt G5 SAHEL téléguidé par l’impérialisme. Les trois coups de grâce intervenus dans ces pays ont fait leurs preuves en matière de lutte contre les terroristes et leurs parrains en dénonçant d’abord des accords militaires avec la France, qui, en réalité, n’était qu’un blocus pour la lutte contre l’invasion du Sahel pour ses intérêts. En réalité, quand il ressort du communiqué de presse de la rencontre des chefs de diplomatie de la Confédération qui a eu lieu dimanche 26 janvier, à quelques jours de la sortie officielle, il s’agit d’adopter une démarche unique de forme pour l’Alliance lors des négociations face à la CÉDÉAO. La seule chose à laquelle vous pouvez vous attendre, c’est juste la possibilité d’envisager une coopération multilatérale avec les États de l’Alliance. L’échéance que la CÉDÉAO a donnée aux trois pays, n’est en réalité que son propre délai, le temps qu’elle puisse réfléchir à d’autres types de stratégies, mais c’est peine perdue. Si elle n’y prend garde, elle risque de voler en éclats d’autant plus que le Ghana de Mahama affiche une démarche avec l’AES dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et les échanges commerciaux. Le Togo aussi, n’exclut pas de rejoindre l’Alliance selon son ministre des Affaires étrangères. Il reste en réalité qui, l’imboulonable « Bataillon » du côté de la lagune Ébrié alors que son colistier Bola Tinubu semble être dépassé par les évènements avec un budget déficitaire dans son pays. Mieux, le Nigeria veut considérer même certaines activités de l’économie souterraine pour relever son portefeuille budgétaire.
Moumouni Boly, Mouvement des leaders panafricain
«A mon avis, la sortie de l’AES étant déjà actée, les modalités de collaboration avec la CEDEAO devraient porter sur la lutte contre le terrorisme, la libre circulation des personnes et des biens avec l’introduction du visa AES, la question du CFA jusque- là sous l’emprise du trésor français».
Aymeric KANI
Ben Alassane DAO
Besséri OUATTARA
Aïcha TRAORE
Firmin OUATTARA