Période de froid : comment la friperie de seconde réchauffe les Bobolais

Sous l’effet de la fraîcheur naissante, les étals de vêtements chauds prennent d’assaut les marchés. Achat des pulls, vestes, chaussettes et bonnets d’occasion, les Burkinabè se ruent sur les friperies pour s’équiper contre le froid à moindres frais. Constat fait le mercredi 03 décembre au grand marché de Bobo-Dioulasso.

 

La période de fraîcheur, accentuée par le vent sec de l’Harmattan, s’est installée durablement. Dans des lieux comme le grand marché de Bobo, l’activité autour des étals de pulls et de couvertures est plus intense que jamais. L’attrait majeur réside dans le prix. Alors qu’une veste neuve peut grever significativement le budget d’une famille modeste, un pull ou un gilet de qualité équivalente mais d’occasion se négocie pour quelques centaines ou milliers de francs CFA. Ces friperies viennent du Ghana, de l’Italie et aussi de la Turquie à des prix imbattables pour affronter le froid. Mais cette année, les vendeurs de friperie se plaignent de la lenteur du marché.

« Dès que la fraîcheur arrive, la demande pour les ‘grosses pièces’ explose, mais cette année il n’y a pas trop de fraicheur et le marché est lent. Les pulls vont de 1500 à 3000 FCFA», explique Fousseni Zerbo, vendeur de pulls qui tient un stand de vêtements importés. «Chez nous, les prix sont abordables. Même avec 500 fr tu peux bien te ravitailler et c’est de la bonne qualité. Nous sommes là pour la population, nous sommes là pour la satisfaire à moindre coût ». Cette manne hivernale permet aux commerçants d’améliorer significativement leur chiffre d’affaires, tandis que les clients y trouvent un soulagement financier. Les acheteurs fouillent méthodiquement les montagnes de vêtements, à la recherche de la bonne affaire ou de la marque qui fera office de « chasse au trésor » dans ces dédales textiles.

La motivation des clients est simple : la nécessité. Kadidia Ouédraogo, mère de trois enfants, a fait le déplacement spécifiquement pour habiller sa famille. « On ne peut pas se permettre le neuf pour tout le monde. Ici, avec 5 000 F CFA, j’ai pu trouver des pulls, des chaussettes et des bonnets pour les enfants », se réjouit-elle. « C’est la solution pour nous protéger sans nous mettre en difficulté. Les gens minimisent les articles de friperie et pourtant, c’est la bonne qualité. Souvent nous trouvons la même chose dans les boutiques de prêt-à-porter, mais très chers », déclare Assetou Rouamba, une fidèle cliente de friperies.

Sandra NIGNAN /Stagiaire

Rachidatou DRABO/Stagiaire