Si ce n’est pas la bagarre, que cherchent Gbagbo et les autres ?

Petit à petit, la classe politique en Côte d’ivoire est en train de réunir tous les éléments devant conduire inéluctablement à un affrontement, pré ou postélectoral. C’est le moins que l’on puisse dire depuis que, malgré la suppression de leurs noms sur la liste électorale, Guillaume Soro et Laurent Gbagbo s’entêtent à déposer leurs candidatures ? Selon la Commission électoral indépendante (CEI) qui dit avoir mis en application une décision de justice qui les condamne chacun à 20 ans de prison ferme, Laurent Gbagbo et Guillaume Soro sont privés de leurs droits civiques et politiques. Par conséquent, ils ne peuvent être ni électeur ni éligible. En allant déposer leur candidature devant la même Commission électorale indépendante, on peut tout simplement dire que c’est de la pure provocation, pour ne pas dire tout simplement qu’ils cherchent la bagarre (comme on dit au bord la Lagune Ebrié). D’ailleurs avec les autres candidats de l’opposition, les deux ont toujours récusé cette CEI qu’ils dénoncent la composition très favorable au pouvoir, donc peu crédible car impartiale.

Guillaume Soro et Lauren Gbagbo ne sont pas les premiers à contribuer au prochain pourrissement de l’atmosphère politique en Côte d’Ivoire. Il est aujourd’hui établi que le retour d’Alassane Ouattara sur la scène politique en tant que candidat de son parti, a participé à la détérioration du climat politique ivoirien. Dans son ensemble, la classe politique et des acteurs de la société civile ont vite fait de dénoncer une candidature de trop. Car, pour eux, ce mandat que brigue Alassane Ouattara, le troisième, est contraire à la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Pour lui et ses soutiens, le compteur est remis à zéro puisqu’il s’agit d’une nouvelle Constitution dont les termes, en ce qui concerne la limitation du nombre de mandats, ne sont pas rétroactifs. Autrement, Alassane Ouattara est en train de briguer le premier mandat des deux mandats qu’autorise la nouvelle Constitution ivoirienne.

Ce qu’il convient de noter, et avec force, est que de nombreux observateurs sont unanimes que la candidature d’Alassane Ouattara est de trop. Par conséquent, elle va contribuer à exacerber les positions en Côte d’Ivoire. Pire, l’élimination par instrumentalisation de la justice de Laurent Gbagbo et de Guillaume Soro de la course à la présidence de la République, est venue cristalliser davantage les positions. Malheureusement, c’est dans un tel contexte, aussi fragile, que va se dérouler la présidentielle du 31 octobre prochain.

Pendant ce temps, c’est simplement par de petites mises en garde que les organisations régionales et sous-régionales réagissent. Elles qui seront prêtes à condamner en cas de dérapage, alors qu’elles auraient pu prévenir, puisqu’elles ont vu venir. Il ne faut pas se tromper, la situation en côte d’Ivoire est une véritable poudrière qui interpelle et les Ivoiriens et la communauté internationale. Quand ça arrive en Côte d’ivoire, toute la sous-région reçoit les coups.

Dénis Dafranius SANOU

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