Si un ministre fête sa nomination, il faut le chasser !

En Afrique, et au Burkina Faso pour ce qui nous concerne, quand on nomme un ministre ou un responsable à un poste de responsabilité, il organise une fête ou toute autre chose qui y ressemble en compagnie de ses amis et connaissances pour célébrer son élévation. Alors qu’en réalité, c’est lorsqu’il aura rempli sa mission et reçu des félicitations de ceux qui lui ont fait confiance (et partant de ceux qu’il a servis) qu’il doit « arroser » sa victoire. Parce que, quand on est nommé à une responsabilité, on doit avoir peur non pas parce qu’on n’est pas à la hauteur, mais de l’échec. Puisque, une nomination quelle qu’elle soit, se rapporte à la production de résultats probants. Autrement, on ne nomme pas quelqu’un pour ses beaux yeux ou tout simplement pour le récompenser.

C’est dans cette logique que les appelés du président Roch Marc Christian Kaboré et du Premier ministre Christophe Dabiré devraient comprendre leur « élévation » au rang de ministre de la République. En principe, n’importe qui ne peut être ministre puisqu’un ministre n’est pas n’importe qui. Serviteur de l’Etat, il doit comprendre que sa mission première est de faire mieux que ce qui est fait jusqu’à présent dans le domaine où il est appelé. Il incarne une vision, celle de l’engagement et du service bien fait. C’est pourquoi, dans sa démarche quotidienne, il doit cultiver l’humilité, l’intégrité, la solidarité, la cohésion, la fraternité, en somme ces valeurs qui font de nous des Burkinabé.

S’il est admis qu’il faut impérativement que les Burkinabé changent de comportement, cela doit venir de l’élite dirigeante. Qui, malheureusement pendant longtemps, s’est contentée de se construire au détriment de la nation. Les reformes dans presque tous les domaines que le président Kaboré et son Premier ministre ne peuvent prospérer tant que, à commencer par les membres du gouvernement, chacun n’opère des réformes à ce niveau. C’est pourquoi, les ministres ou autres députés et Directeurs dans la haute administration « fêtards » doivent être rappelés à leurs obligations à défaut de les mettre de côté.

Le Burkina Faso, il faut le dire, est à la croisée des chemins. Qu’on le veuille ou pas, le mandat du président Kaboré qui débute est si crucial qu’il est à la fois l’avenir prospère ou le recul du pays si les acteurs ne le comprennent pas et ne se mettent pas tout de suite et bien au travail. La réconciliation nationale n’est pas la panacée, quand bien même elle est un élément important dans la construction de l’Etat nation. Mais après elle, on fait quoi et comment et avec qui ? Comment remettre véritablement les Burkinabé au travail et leur faire comprendre que c’est à la sueur de son travail bien fait que chacun sera épanoui et avec lui l’ensemble du pays ? C’est pourquoi, le président Kaboré et son Premier ministre, y compris tous les organes de veille, doivent être regardants sur tout. A commencer par eux-mêmes.

Dabaoué Audrianne KANI

 

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