
Le secrétaire technique de l’Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique (OAPH), Amos Kiénou, a, lors d’une conférence de presse le 31 juillet 2026 à Ouagadougou, dressé un bilan exhaustif du plan triennal 2023-2025. Avec une production céréalière historique couvrant 124 % des besoins nationaux, le pays franchit une étape décisive vers l’autosuffisance totale.
L’heure est au satisfecit pour les premières autorités du pays. En lançant l’Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique (OAPH) pour la période 2023-2025, le Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, avait assigné une mission claire : rompre avec la dépendance alimentaire et transformer le secteur rural en moteur de croissance. Trois ans plus tard, les chiffres présentés par Amos Kienou, secrétaire technique de l’OAPH, témoignent d’une dynamique sans précédent. Pour transformer cette vision en réalité, les moyens ont été à la hauteur des ambitions. Entre 2023 et 2025, ce ne sont pas moins de 273,99 milliards de francs CFA qui ont été mobilisés. Ces investissements massifs ont ciblé huit filières stratégiques jugées prioritaires pour le panier de la ménagère et l’économie nationale. Cinq filières végétales (maïs, riz, blé, pomme de terre et mangue) et trois filières animales et halieutiques (poisson, volaille et bétail) ont bénéficié de cet accompagnement structurel, permettant de redynamiser les terroirs burkinabè. Le chiffre le plus marquant de ce bilan demeure la production céréalière. Pour la première fois de son histoire récente, le Burkina Faso a produit plus de 7 millions de tonnes de céréales. Ce record permet d’atteindre un taux de couverture des besoins de la population de 124 %. « C’est un niveau inédit qui consacre une avancée majeure vers l’autosuffisance alimentaire », a souligné Amos Kiénou. Ce surplus de production permet non seulement de sécuriser la consommation nationale, mais aussi d’envisager des stocks de sécurité plus robustes et d’éventuelles exportations régionales.
Un levier pour l’emploi et la modernisation
Au-delà de la production, l’Offensive a été un puissant catalyseur social. Durant sa mise en œuvre, elle a généré 91 027 emplois, dont plus de 26 000 postes permanents. Un souffle nouveau pour la jeunesse rurale et un signe que l’agriculture redevient un secteur attractif. Sur le terrain, la transformation est visible à travers les aménagements hydrauliques et le labour. Ainsi, 53 000 hectares de périmètres irrigués et de bas-fonds ont été aménagés ou réhabilités dont près de la moitié via l’approche communautaire ; 120 158 hectares ont été labourés gratuitement ou à prix subventionnés, facilitant le travail des producteurs les plus modestes. En plus de cela, 485 forages à gros débit ont été installés pour garantir une eau de production disponible en continu. Le ministère n’a pas non plus épargné sur la modernisation des outils de travail. Le parc agricole national s’est considérablement enrichi avec la mise à disposition de 1 261 tracteurs, 1 235 motoculteurs et plus de 3 000 autres équipements tels que des semoirs, des matériels de récolte et des motopompes.
Le secteur halieutique, en pleine expansion, a reçu 1 545 cages flottantes pour booster la production de poisson. Cette conférence de presse était le lieu pour Amos Kiénou de réaffirmer que ces résultats ne sont qu’une étape. Si les fondements de la souveraineté alimentaire sont désormais posés, le défi reste de maintenir cette cadence pour faire du Burkina Faso le grenier de l’Afrique de l’Ouest, conformément à la vision du chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré, fait savoir le secrétaire technique.
Aïcha TRAORE