Stade du 4-Août, Etalons, coopération, foncier… :trois ministres s’expliquent devant les députés

Réunis en session plénière sous la présidence du président de l’Assemblée législative de transition, Dr Ousmane Bougouma, le 11 novembre 2025, les députés ont adressé des questions à trois représentants du gouvernement.

 

La première question posée par la députée Marie Angèle Tiendrebéogo/Kalenzaga, est relative aux recommandations de la Confédération Africaine de Football (CAF) à la suite de l’homologation du Stade du 4-Août.  A cette préoccupation, le ministre Roland Somda a rappelé que les 30 recommandations formulées par la CAF portent essentiellement sur le renforcement de la sécurité, les dispositions à mettre en place lors des manifestations sportives, la fluidité des services disponibles au Stade du 4-Août. Il rassure qu’elles ont été à ce jour prises en compte, à l’exception de 2 recommandations qui nécessitent une projection budgétaire. Il s’agit de l’augmentation de l’intensité de l’éclairage de la pelouse à 2000 lux, l’installation d’un dispositif de double contrôle de sécurité combinant à la fois la détection des métaux et l’inspection des sacs (“Mag and Bag”) aux entrées VIP et VVIP. Pour le coût, tous frais comptabilisés de la délocalisation des matchs du Burkina Faso vers d’autres pays durant la période de suspension du Stade du 4-Août, le ministre a indiqué qu’entre 2020 et 2025, les Étalons A ont enregistré en moyenne 14 matchs par an dans le cadre des compétitions internationales et des rencontres amicales officielles. Le coût moyen par match est estimé à cinq cents millions de francs CFA, couvrant l’ensemble des dépenses liées à la logistique, au transport, à l’hébergement, à la restauration, aux primes, à la location des stades, à la sécurité et à la communication. L’analyse de ce coût montre que la délocalisation d’un match a une incidence significative sur les frais de transport et les frais d’organisation (environ 30% du coût). Quant aux primes, hébergement et restauration, l’incidence est nulle malgré la délocalisation. Ainsi, le coût annuel moyen s’élève à sept milliards de francs CFA, soit un montant cumulé de quarante-deux milliards de francs CFA pour la période considérée. En complément, il a expliqué que le Fonds National pour la Promotion du Sport et des Loisirs (FNPSL) a également financé les déplacements à l’extérieur des Étalons U17 et U20, des clubs engagés dans les compétitions africaines et des Étalons féminins.

La part contributive de la diaspora au PIB national atteint 3%

La deuxième question est adressée au ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’Extérieur, Jean Marie Karamogo Traoré. Elle était relative à la contribution de la diaspora à économie nationale. Le ministre a fait savoir que les Burkinabè de l’extérieur contribuent au PIB et à la résilience des ménages. Selon la Stratégie nationale de Gestion de la Diaspora (SNGD), la contribution de la diaspora au PIB national était de l’ordre de 2,8% en2023. Elle atteint actuellement 3% selon le Fonds Burkinabè de Développement Économique et Social (FBDES). « On estime que les Burkinabè vivant à l’extérieur transfèrent annuellement plus de 200 milliards de F CFA à travers les canaux formels (banques et entités financières) d’après les données de la BCEAO. La Banque Mondiale fait ressortir respectivement les chiffres de 348 058 662 000 F CFA, 319 409 440 000 F CFA, et 352 935 240 000 F CFA, au titre des transferts de fonds de la diaspora burkinabè, au cours des années 2021, 2022 et 2023. Ces montants dépassent l’aide publique au développement que les pays de l’OCDE devraient allouer à notre pays », a indiqué le ministre. Pour ce qui est du Fonds de Soutien Patriotique, de 2023 à 2025, le cumul des contributions reçues de la diaspora à travers le canal du ministère des Affaires étrangères s’élève à 1 123 241 165 F CFA. Pour l’année 2025, les contributions qui ont fait l’objet de cérémonies officielles de remise au ministère des Affaires étrangères se chiffrent à 165 240 007 F CFA.  En sus, les contributions en nature pour 2025 ont une valeur estimative de 19 625 000 F CFA ».

 

4894 RA sur 7076 sont illégalement occupées

La troisième question a été posée par la députée Assita B. Françoise Romaine Bailou. Elle est relative à la situation à la date d’aujourd’hui, des espaces verts et des réserves administratives et foncières dans les centres urbains. À cette préoccupation, le ministre d’Etat, chargé de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo a répondu qu’un recensement des réserves administratives et foncières dans toutes les régions a été entrepris depuis 2024. En ce qui concerne les espaces verts, le recensement a concerné uniquement les communes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Cette opération a permis de recenser 7076 RA sur l’ensemble du territoire dont 4894 sont illégalement occupées ; soit 69,16 % d’occupation illégale. Au niveau des commues à statut particulier que sont Ouaga et Bobo, le recensement a donné comme résultats 600 réserves administratives dont 365 sont occupées illégalement (347 à Ouagadougou et 253 à Bobo-Dioulasso), soit un taux d’occupation illégale de 60,83%. Concernant les espaces verts les données disponibles actuellement sont celles de Ouaga et de Bobo et présentent 1553 Espaces verts dont 1115 à Ouagadougou et 438 à Bobo-Dioulasso 438. 700 de ces espaces verts soit 45%, sont illégalement occupés. Soit 378 à Ouaga et 312 à Bobo..

Aïcha TRAORE