TIERIS Fashion : La longue histoire de Fatimata Marceline Ki

Fatimata Marceline Ki évolue dans le tissage et la teinture. Fondatrice de l’Association des tisseuses et tisserands Signalatan, elle est également la directrice générale de l’entreprise TIERIS Fashion et NAKONI création, une entreprise de tissage du pagne Faso Danfani, le pagne Samo en général. Elle nous raconte son histoire avec le pagne.

 Parlez-nous de votre aventure avec le Faso Danfani, notamment le pagne Samo

C’est une longue histoire ! D’abord, ma maman tissait beaucoup le Faso Danfani, le fil. Et moi jusqu’à ma classe de CM2, les petits matins, elle nous réveillait pour l’aider. C’est comme ça qu’on tissait. Ma maman fessait aussi de la teinture naturelle qu’elle a apprise avec ma grand’mère qui le faisait à partir de boue. Après ma formation en secrétariat dans les années 1977, je n’avais pas de boulot. Donc, je partais aider une voisine à tisser. C’est ce qui m’a amenée à me lancer définitivement dans le métier de tissage que j’ai aimé. Après cela, j’ai demandé à ma maman de m’acheter un métier à tisser. En ce moment tout était en bois. Elle a payé mon premier métier. Je me rappelle que je suis allée le chercher au marché de Gounghin avec un menuisier.

 Parlez-nous de votre entreprise

Mon entreprise comporte une unité de production “NAKONI création”, le nom de ma maman, et une boutique de vente de pagne Faso Danfani “TIERIS Fashion”, est une entreprise de la micro-finance créée officiellement il y’a 3 ans pour valoriser le Faso Danfani et le pagne Samo en général. On tisse le pagne Faso Danfani. Nous faisons entre autres, de la teinture, de la teinture naturelle bio. Nous faisons beaucoup la promotion du pagne Samo parce que c’est notre projet. Je suis même entrain de le faire sortir dans d’autres couleurs. Et on le réussit bien.

 Quelle est la particularité du pagne Samo ?

La particularité du pagne Samo est que n’importe où tu parts, ça se reconnaît par sa broderie, nulle part au Burkina on ne trouve cette broderie. Et chez nous aussi, c’est un seul village qui a cette particularité de faire la teinture. Pour pouvoir teindre son pagne dans n’importe quel village chez nous dans la région de Toma, il faut forcement aller à Kougny pour le faire. Donc les jours de marché, les teinturiers de Kougny font le tour et ils récoltent les pagnes des femmes pour la teinture. Au marché suivant, ils ramènent ce qu’ils avaient pris. C’est là-bas seulement qu’on peut faire la teinture et même le fil qu’on envoie là-bas. Quand ils finissent de le teindre, il nous le ramène. Nous le donnons aux tisserands au village qui tissent. On n’utilise que du local. Nos fils sont achetés à FILSAH. Nous avons une particularité en tissant très léger. Nous, nous travaillons beaucoup avec le fil 42, donc nos tissus ne sont pas lourds. D’où on a un certain nombre de couturiers qui nous ont abordés pour signer des partenariats et ils viennent se ravitailler. Pour ce qui est de l’écoulement, nous travaillons beaucoup avec les stylistes. Nous participons beaucoup à des expositions, des foires. Présentement, je suis en train de me préparer pour une foire en Côte d’Ivoire.

 Vous pouvez nous présenter votre association ?

L’Association des tisserands et tisseuses Signalata (qui signifie en langue San « tout travail a un prix ») est une association forte de 40 femmes et reconnue officiellement il y a quatre ans. Comme c’est une association à but non lucratif, c’est ainsi qu’on a créé l’entreprise afin d’aider les membres à écouler leurs productions. On est membre l’association des tisserands et des tisseuses du Centre, on est aussi membre de la fédération ; ça c’est côté association. “TIERIS Fashion” est membre de l’Union des professionnels du textile de la région du Centre. Les deux entités sont différentes, mais en réalité ont le même objectif.

 Des difficultés, des projets ?

Les difficultés qu’on rencontre, c’est un peu l’écoulement et la formation. Sans l’aide de CABES, mes métiers allaient dormir. Parce que j’ai mis les charrues avant les bœufs, en me procurant de grand métier sans savoir que cela va nécessiter une bonne de formation. Mes métiers ont dormi pendant deux ans avant l’aide de ce partenaire. Mais, maintenant tout va bien. Mon objectif actuel est de vraiment valoriser le Faso Danfani sur le plan national et international. On a déjà créé de l’emploi pour les jeunes dans notre unité de production. Maintenant, on veut tisser des pagnes de grande largeur haut de gamme.

 Que pensez-vous de l’entrepreneuriat féminin au Burkina Faso ?

L’entrepreneuriat féminin au Burkina, c’est bien mais c’est des difficultés sur le plan familial. Même si tu as la volonté de créer ton entreprise, tu as tous les moyens de la créer mais, si tu n’es pas soutenue par ton époux et ta famille, la réussite est très difficile. C’est un combat, rien ne s’acquiert facilement. Je dis toujours aux jeunes qui veulent entreprendre de s’armer de courage pour pouvoir relever le défi. Il y en a qui ont la volonté, mais qui n’ont pas les moyens. Donc, il faut aider la gente féminine à réussir dans sa mission de création d’entreprises

Aïcha TRAORE

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