Village de Kokorowé dans le Houet : Bôbôs et Peuhls fêtent ensemble le nouvel an

Le 2 janvier 2022, le village de Kokorowé était en fête à l’occasion du nouvel an. Un moment de retrouvailles, de communion et de cohésion. Pour cette année, la communauté peuhle était à l’honneur, en témoigne la délégation qui a fait le déplacement à Kokorowé pour honorer les organisateurs de sa présence. En plus d’elle, les Peuhls vivant sur place n’ont pas voulu se faire conter l’événement.

Kokorowé est un village Bôbô situé à une quinzaine de kilomètres de la ville de Bobo-Dioulasso, à 5 km de Koumi et de la nationale n°8. Près de deux décennies maintenant, chaque 2 janvier, les ressortissants se retrouvent pour communier lors de festivités organisées pour célébrer le nouvel an. L’année 2022 s’est voulue particulière. Pour la première fois, la communauté peuhle est associée à l’événement. Toute chose qui n’est pas anodine. On se souvient qu’un différend a opposé les éleveurs peuhls et les Bôbôs dans ce village. Il y avait eu des blessés, des arrestations et le vivre ensemble entre ces deux communautés était engagé. Heureusement, le 9 octobre dernier, les Peuhls et les Bôbôs ‘’ont bu le lait et mangé le chitoumou’’. Une issue se dégageait ainsi pour une réconciliation définitive entre ces deux communautés qui sont par ailleurs parents à plaisanterie. Associer donc les Peulhs à cette fête renvoie à l’image de la hache de guerre enterrée, et le calumet de la paix fumé. Et ce n’est pas Djibril Diallo, président de l’association ‘’Waldè Fulbè Burkina’’ qui dira le contraire. Il reconnait« qu’avec les Bôbôs ça n’allait pas trop bien entre nous. On peut dire qu’aujourd’hui, c’est fini. C’est pour cela même qu’on a fait le déplacement pour montrer qu’il n’y a plus rien et ce qui reste c’est la fraternité. Contrairement à ce que des gens pensent, chez nous, le problème est définitivement résolu. On ne revient plus sur ça et on part sur de nouvelles bases. On est prêt à accompagner la communauté bôbô, que ce soit à Kokorowé ou dans les villages environnants, dans le sens du développement».

C’est dans cette même vision de la situation que Alain Sanou, 4ème adjoint au maire de la commune de Bobo-Dioulasso et ressortissant de Kokorowé, trouve « très importante et très significative l’association de la communauté peuhle à l’événement du 2 janvier à Kokorowé. Cela veut dire que désormais nous continuons de marcher ensemble et nous voulons améliorer nos relations dans le sens du développement, de la cohésion nationale». De ce fait, Alain Sanou a tenu à remercier et saluer les communautés peuhle et bôbô pour cette clairvoyance. Loin d’être une activité politique, dit-il, ce genre d’action doit d’être encouragée, surtout en ce moment où le vivre ensemble est fortement ébranlé au Burkina Faso.

Peuhls et Bôbôs ont chanté et dansé ensemble

La délégation s’est d’abord rendue chez Gaston Sanou, abbé à la retraite qui avait à ses côtés le curé de la paroisse notre Dame de l’Assomption Nasso/Koumi, abbé Achille Sanou pour un tête-à-tête. A l’issue duquel il est ressorti, selon l’abbé Joseph Sanou, que « selon la voie de la tradition, il ne devrait pas avoir d’embrouille entre Peuhls et Bôbôs ». La cérémonie fut riche en couleur. Bôbôs et Peuhls se sont succédés en esquissant des pas de danse. Ils ont chanté et raconté des blagues en se moquant les uns des autres, tout cela au nom de la patenté à plaisanterie.

Abdoul-Etienne SANON

Fermer le menu
ipsum elit. ultricies Donec porta. mattis ipsum