Va-t-on encore planter des arbres et les abandonner ?

Les Burkinabè doivent enfin prendre conscience que ce sont des milliers d’hectares de forêts qui sont dévastés par eux-mêmes, chaque année. Ils sont donc les principaux acteurs de l’avancée, à grands pas, du désert. En plus, les plantations d’arbres que nous organisons chaque année jusqu’à présent, ne sont pas suffisantes. Ou du moins ne constituent pas, telles qu’elles sont, la réponse appropriée à la lutte contre l’avancée du désert.

En effet, les Burkinabè préfèrent planter les arbres devant les caméras des télévisions et les objectifs des photographes pour ensuite les abandonner que les protéger véritablement. La preuve en est que si depuis les opérations de plantation d’arbres qui ont été organisées, tous ces arbres mis en terre étaient suivies, au moins on aura contribué à faire reculer le désert. Si depuis les trois luttes engagées par la Révolution démocratique et populaire dès son arrivée au pouvoir en 1983 étaient comprises et prises au sérieux, on contribuerait à faire reculer le désert. Ces trois luttes concernent la coupe abusive du bois, la lutte contre les feux de brousse et la divagation des animaux. Non seulement on continue de couper les arbres partout quand on veut, mais les feux de brousse ravagent chaque année des milliers d’hectares de brousse. Quant à la divagation des animaux, nul besoin de dire que même dans les villes, les citadins partagent les rues et les habitations avec les animaux. Les espaces verts sont même devenus les lieux de pâturage des animaux.

Au département de l’Environnement, de l’Economique verte et du Changement climatique, Bassière Nestor a décidé de faire le reboisement autrement en insistant sur le fait qu’il ne faut plus planter n’importe où, mais qu’il faut surtout suivre et surtout l’évaluer, chaque année, ce qui est fait. Malgré tout, les taux de succès ne sont pas des meilleurs. En tout cas par endroits.

Le président Roch Marc Christian Kaboré lui-même s’est personnellement impliqué à travers la Journée de l’arbre qu’il préside depuis deux années. Au cours de cette Journée, il donne l’exemple en plantant un arbre et en invitant ses compatriotes à en faire autant. Mais visiblement, tout cela ne passe pas. Et pourtant, il est temps que la question de l’environnement de façon générale soit inscrite dans les politiques publiques nationales. On vient de le constater : en France, les écologistes ont fait une percée sans précédente au cours des dernières élections municipales. Justifiant ainsi le fait que l’écologie, l’environnement est un enjeu mondial. Refuser de le comprendre dès à présent pendant qu’il est encore temps, c’est faire preuve d’un grand aveuglement.

Aussi, si les mesures de sensibilisation ne passent pas, il ne serait pas mauvais de les combiner avec les sanctions. En commençant par là où il le faut. Car, si à la base on ne veut pas respecter l’environnement, c’est qu’en haut on ne fait certainement pas ce qu’on dit. Il semble que c’est le cas (parmi tant d’autres) dans plusieurs de nos forêts où pestent les animaux alors que cela est interdit.

Dabaoué Audrianne KANI

 

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