Véronique Yaonaba/Ouédraogo, artisane : « La femme doit pas compter sur l’homme »

Véronique Yaonaba/Ouédraogo, jeune femme dynamique, a fait une formation en Marketing et Communication d’Entreprise. Elle a travaillé pendant six ans dans une ONG qui faisait la promotion de l’artisanat, et surtout l’insertion socioprofessionnelle des artisans refugiés avant de se lancer dans l’entreprenariat. Aujourd’hui, elle est la coordonnatrice de l’Association pour la protection de l’enfance et la promotion de la femme (APEPF). Elle nous raconte son parcours.

Véronique Yaonaba a commencé cette belle aventure en 2007 avec une association qui au départ œuvrait dans le domaine du parrainage d’enfants des membres de l’association. Ensuite, la coopérative a été mise en place en 2019. Une coopérative qui est composée de 3 grands pôles de production à savoir : la teinture, le tissage et la couture. Déjà, il faut dire que Véronique est une passionnée de l’artisanat depuis belle lurette. « J’ai une forte attirance pour le beau, la perfection. J’aime bien ajouter ma touche personnelle à certains produits que je vois. Je suis une créatrice dans l’âme. Aussi, vu que j’ai eu à côtoyer beaucoup de femmes dans l’ONG, je me suis familiarisée avec le textile. Et à la fin du projet, je me suis dit : pourquoi ne pas mettre quelques choses en place ?», dira-t-elle. Deux raisons ont motivé la jeune dame à entreprendre. Il s’agit de son envie de contribuer à l’autonomisation financière des femmes car selon elle, « mon souhait est que les femmes prennent en main leur destin sans qu’elles n’aient besoin de l’intervention des hommes. Sans être féministe, je suis pour la cause des femmes. Ça fait plaisir de voir les femmes de nos jours au Burkina Faso, se battre de plus en plus, s’engager et se mettre à fond dans leur activité». La deuxième motivation de Véronique est de faire la promotion du textile artisanal local au Burkina et dans le monde.

La matière première

Raison pour laquelle elle s’approvisionne en matière première en coton dans une société de la place. Pour ce qui est de la production, Véronique explique : « le tissage se fait avec le fil naturel ou avec le fil teint selon le choix du client. Il y’a spécialement des gens pour préparer le fil et d’autres pour le tissage. Quand aux colorants, on en utilise deux genres. Le bio qui est importé de la France et le chimique qu’on utilise rarement. Présentement on est entrain de sensibiliser les clients contre les risques des colorants chimiques. Les colorants bio sont écologiques, sans odeur et sans toxine ».

Elle ajoute, « très souvent on travaille sur commande. Si on doit produire avant de chercher les clients et s’il n’y a pas de marché, à la fin du mois on ne pourra pas vraiment payer les 46 femmes qui travaillent avec nous. On travaille avec la CABES qui est l’interface entre les ateliers acteurs comme nous, et les créateurs à l’étranger : au Japon, en Italie, en France qui reçoivent les commandes». Comme dans toute entreprise, Véronique rencontre des difficultés que sont notamment, les problèmes de fourniture des matières premières, de la procuration des colorants pour faire les différentes teintures, des difficultés financières et surtout l’engagement professionnel du personnel qui est parfois pénible.

Mais qu’à cela ne tienne, la jeune dame ambitionne cette année mettre en place un atelier de production et de formation. Aussi, elle confie : « présentement on est en location. Le projet, c’est d’avoir une parcelle, un atelier à nous pour pouvoir étendre le travail. On manque parfois de matériels, ce qui nous amène à donner du fil à certaines femmes qui travaillent depuis chez elles et nous envoient les produits. C’est assez difficile d’avoir l’œil sur certaines productions. Aussi, la responsable du personnel qui est obligée de faire des allers-retours tout le temps. Ce qui ne rend pas la tâche facile. Ce qui serait bien, c’est que notre atelier soit mutualisé».

Aïcha TRAORE

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