Orodara : Faute d’infrastructures, la pratique du sport en veilleuse

A Orodara, chef-lieu de la province du Kénédougou, la pratique du sport est un véritable chemin de croix. Cette ville prospère manque cruellement d’infrastructures, ce qui rend difficile la pratique du sport. Nous sommes allés à la rencontre des acteurs sportifs de la localité.

L’une des conditions pour la pratique du sport, est d’avoir les infrastructures nécessaires. Orodara, chef-lieu de la province du Kénédougou manque d’infrastructures pour la pratique du sport. Les rares infrastructures qui existent encore se trouvent dans un état de délabrement avancé. Le plateau omnisports réalisé ne permet plus aux athlètes de jouer au volley-ball ni au handball encore moins au basketball. Au niveau du football, la situation est encore pire surtout en cette période d’hivernage. Le principal terrain de jeux est scindé en deux par les eaux de ruissellement. Pour pratiquer le sport sur ce terrain, nous raconte le directeur provincial des sports du Kénédougou, Bazi Betamou, « on est obligé de payer du sable pour boucher l’espace de ruissellement de l’eau. Et c’est un perpétuel recommencement chaque année ».

Aucune promesse

D’autres disciplines sportives aussi pratiquées dans la localité ne disposent pas d’infrastructures adéquates. C’est le cas du judo, du Taekwondo, du Kung fu wushu.  Ce qui fait dire Bazi Betamou : « Beaucoup de disciplines sportives à Orodara sont confrontés au déficit d’infrastructures. Ce qui fait reculer la pratique du sport au niveau du Kénédougou. Sinon, les gens ont la volonté de pratiquer le sport mais le cadre n’y sied pas ». Il va plus loin en précisant que pour le moment, il n’y a pas de promesse d’infrastructures pour la province. La célébration du cinquantenaire de l’indépendance dans la région des Hauts-Bassins qui devrait certainement permettre à la ville de se doter d’infrastructures sportives n’a pas permis de relever ce défi. « Notre priorité aujourd’hui, ce sont les infrastructures. Il y a la ressource humaine, mais le manque d’infrastructures décourage beaucoup les promoteurs. Pour une compétition de football, si le promoteur doit d’abord mettre plus 250. 000 F.CFA pour uniquement arranger le terrain, il n’a plus envie de continuer », indique le directeur provincial des sports. Pour promouvoir la pratique du sport à Orodara et partant dans le Kénédougou il faut nécessairement des infrastructures de qualités.

Même au football 

Le football est le sport le plus pratiqué à Orodara. Mais dans son histoire, le principal club de la localité, l’Association sportive de la commune de Orodara (ASCO) n’a jamais pu se hisser dans l’élite du football national. Pour Bakary Ouédraogo dit Lobilo, actuel président du club : «A Orodara, les gens aiment le sport. Tout le monde sait qu’il nécessite de l’investissement, plus précisément le football. Mais financièrement, les gens ne s’impliquent pas. Entre temps, c’est la mairie qui donnait une subvention de 1 million 500.000 F.CFA à 2 millions F.CFA à l’équipe ; mais depuis un moment, plus rien». De 2011 à 2016, l’ASCO a joué en deuxième division. C’est en 2016 que le club fut relégué en troisième division. Cette année, il a terminé la saison en étant 6ème de l’Inter ligue malgré les modestes moyens à sa disposition. Selon Lobilo, seuls quelques politiciens et autres bonnes volontés sont venus au secours de l’équipe.

Et pourtant…

Actuellement l’ASCO croule sous le poids des dettes et ne sait pas encore si elle pourra prendre part à la nouvelle saison. Il y a pourtant des entreprises de renommée nationale à Orodara qui peuvent accompagner le club. Mais pourquoi ne le font-elles pas ? De l’avis de Lobilo, toutes les démarches qu’il a entreprises à cet effet n’ont abouti à rien, du reste pour le moment. «On a même demandé au maire de les approcher, mais jusqu’à présent nous n’avons pas reçu de soutien dans ce sens», regrette- t- il. Pour assurer le maintien de l’équipe en troisième division, en attendant d’avoir les moyens de leurs ambitions, Lobilo et son équipe doivent taper à toutes les portes. Harouna Traoré est l’un des fidèles supporters de l’équipe. Pour lui, le premier problème à régler c’est celui du terrain de football. Mais d’un autre niveau, certains Orodoralais pensent que le problème du sport dans la localité est lié surtout à la capacité de gestion des acteurs eux même. Pour eux, priorité doit être faite au renforcement de capacités des dirigeants sportifs pour leur permettre d’avoir une bonne culture de gestion du club. C’est à partir de ce moment que l’ASCO pourrait envisager l’avenir avec beaucoup plus de sérénité.

Firmin OUATTARA

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