Protection des droits humains : des forces combattantes de la police en formation à Koudougou

Le ministère de la Justice organise, du 14 au 17 juillet 2026 à Koudougou, une session de formation sur la protection des humains dans les opérations de lutte contre le terrorisme au profit des forces combattantes de la police nationale. La cérémonie d’ouverture des travaux a été présidée par le ministre Edasso Rodrigue Bayala.

 

Conscient de la cruauté du terrorisme et la complexité des théâtres des opérations, le ministère de la Justice s’est inscrit dans la dynamique d’un renforcement des capacités techniques des Forces armées nationales (FAN) et Forces de sécuritaire intérieure (FSI) sur les principes des droits humains. Son but est de prévenir toute violation des droits humains et d’assurer une meilleure protection des populations. La session de formation de Koudougou au profit des forces combattantes de la Police Nationale, la première d’une série, rentre dans ce cadre. Elle regroupe une trentaine d’éléments des unités combattantes de la Police, en occurrence les éléments des GUMI et autres forces combattantes de la Police qui n’ont pas encore bénéficié desdites formations. Selon le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, ces sessions de formation visent à renforcer les capacités des éléments de Groupement des Unités Mobiles d’Intervention de la Police Nationale sur le respect des droits humains dans les actions de lutte contre le terrorisme. «Le théâtre des opérations est d’une complexité extrême, le gouvernement a pleinement conscience de ses exigences. Néanmoins, nous devons impérativement veiller à ce que la rigueur de la lutte antiterroriste n’altère en rien notre humanisme. Nos actions doivent demeurer conformes à nos valeurs républicaines et aux règles d’engagement strictes qui gouvernent l’usage de la force et des armes à feu. C’est tout le sens de ces formations, initiées depuis plusieurs années au profit des forces combattantes. Elles rappellent la règlementation nationale et internationale relative à la protection des populations et de leurs biens ainsi que les bonnes pratiques à adopter en situation de crise sécuritaire », a-t-il indiqué.

 

Prévenir les cas de violation

En clair, il s’agira notamment à travers cet atelier de renforcer les capacités opérationnelles des participants pour une meilleure protection des droits humains et de la sécurité humaine dans la lutte contre le terrorisme ; une meilleure protection des groupes vulnérables (femmes, enfants, personnes déplacées internes) dans la lutte contre le terrorisme ; et de promouvoir les mécanismes de protection des droits humains adaptés au contexte de la lutte contre le terrorisme tout en leur préconisant les techniques de gestion de stress en zone d’opération afin de prévenir les cas de violation des droits humains. Pour Thomas Ouédraogo, Commissaire divisionnaire de police et directeur de la formation continue à la Direction générale de la police nationale, ces formations constituent une occasion pour le commandement d’interpeller ses hommes sur le respect des droits humains. « Nous avons plusieurs unités déployées sur le terrain où elles sont confrontées à beaucoup de défis. Les éléments ne sont pas étrangers au respect des droits humains mais s’ils intègrent ce qu’ils auront appris à cette session cela impactera énormément leurs pratiques au grand bonheur des populations», a-t-il déclaré. Pour rappel, les GUMI sont des unités d’élites de la Police nationale, créées pour renforcer la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme dans des zones à fort défis sécuritaires et dont les exploits sur le champ de bataille antiterroriste sont reconnus de tous. A la date du 31 décembre 2025, le ministère en charge des droits humains a, avec l’appui de partenaires techniques et financiers, déjà organisé plusieurs sessions du genre sur le respect des droits humains dans les actions de lutte contre le terrorisme. Celles-ci ont touché en grande majorité les coordonnateurs des VDP et permis aux bénéficiaires de connaître les droits humains et de faire le lien étroit entre leurs missions et ces droits et les enjeux du non-respect des droits humains.

Ousmane TRAORE